Gaber Asfour, ancien ministre de la Culture et critique littéraire égyptien, a animé, mardi 30 octobre une conférence sur la thématique du roman. Pour lui, les sociétés, y compris arabes, vivent dans un temps dominé par ce genre littérature. « Depuis plus de 50 ans, le Prix Nobel est décerné presque uniquement à des romanciers. Rares sont les poètes distingués ». Celui qui milite pour le renouveau littéraire, notamment des idées et de la pensée religieuse, a expliqué que  le roman nait et se développe dans la ville. « Plus la ville connait une expansion et se développe, plus le roman y prend racine et se développe lui aussi . La ville se distingue et se différencie par la multiplicité des langues, des origines ou encore des confessions », a-t-il noté. La ville renferme une société hétéroclite culturellement, linguistiquement et religieusement. D’où le développement du roman. « C’est cet environnement social qui favorise l’épanouissement du roman et sa diversification . La question de la langue n’est pas importante. Ce n’est pas l’identité de l’écriture qui prime mais celle de l’auteur », a-t-il analysé. Après voir lu Mohamed Dib et Assia Djebar, Gaber Asfour a confié avoir a été touché par la puissance de l’écriture et l’émotion qui s’en dégage, par la description et la psychologie des personnages.

« Le roman, est un art vivant »

« Même si Mohamed Dib et Assia Djebar écrivaient en français, la langue de l’Autre, ce qu’ils ont écrit évoquait la société algérienne en particulier, arabe en général. C’est une écriture sincère, authentique qui interpelle, questionne et critique la réalité des sociétés arabes », a-t-il relevé. «  Toutes les libertés peuvent exister dans l’ensemble du monde arabe, ne suffisent pas à un seul écrivain », a-t-il dit. Selon lui, l’écrivain a besoin de liberté, d’un environnement sain et ouvert. En somme, d’un environnement favorable à la réflexion, à la création littéraire et l’échange des idées. « Le roman, est un art vivant, en évolution constante employant toutes les formes d’expression et tous les discours, y compris la poésie. C’est un moyen qui permet de combattre l’injustice sous toutes ses apparences, d’une manière subtile et intelligente. Un écrivain arrache sa liberté par la plume, et c’est avec ses idées qu’il s’impose », a-t-il dit. Critique du discours religieux, Gaber Asfour a plaidé pour la rationalité et la laïcité pour « pour permettre à la société de progresser et de prospérer ». « Il ne faut pas avoir peur de la raison», a-t-il soutenu.

 

Yacine Idjer

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