La romancière Maissa Bey a été l’invitée d’une estrade au niveau de salle des conférences du SILA au pavillon G, ou elle a exposé les grandes lignes de son dernier roman « Nulle autre voix » paru aux éditions Barzakh. Maissa Bey, qui propose à chaque fois un jalon dans l’écriture de ses romans, aborde en particulier les vécus des femmes algériennes dans différentes situations. Des femmes aux prises avec leur société.  « Ce dernier roman est différent des autres, en premier lieu par la manière. Le thème s’est imposé à moi.  j’étais en train d’écrire un autre roman, je me suis retrouvée à ramer dans ce dernier, l’intérêt de cette histoire commençait à disparaitre petit à petit. Un jour devant mon ordinateur, j’ai écrit qu’une femme a tué son mari, une phrase qui s’est imposée à moi sans me rendre compte », a-t-elle témoigné. Selon elle, ce récit est né sans volonté réelle de vouloir tenter quelque chose de prémédité. « J’ai lu, y’a quelques années une multiplicité de faits-divers, qui se sont déroulés en Algérie sur des femmes qui tuaient leurs conjoints dans des conditions horribles, je trouvais cela ignoble, car une femme est censée donner la vie, pas la ôter », a-t-elle expliqué.

Se protéger des préjugés

« Je voulais aller rencontrer ces femmes en prison, j’ai demandé des autorisations sur lesquelles je n’ai reçu aucune réponse. Cette histoire est restée dans ma tête, d’ailleurs c’est le roman que j’ai écrit le plus rapidement, car habituellement je faisais des recherches durant au moins un an pour me lancer dans mes livres », a-t-elle dit. « L’écriture est une souffrance, car quand nous sommes élevées dans le silence et dans toutes ces injonctions, ou on nous demande par exemple de baisser les yeux et de faire attention à nos dires et a comment on doit se tenir en public, cela nous réduise en quelques sorte en silence », a argué la romancière en parlant de la situation des femmes. « On essaye de se conformer toute sa vie en personnage social, qu’on se fabrique pour nous protéger de toutes ces préjugés, tout cela vole en éclat de façon très douloureuse à partir du moment où on commence à écrire, même si on le fait pas sur soi », a-t-elle confié.

 

Maya.D

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