Une table ronde réunissant deux auteurs sud-américains, Grecia Caceres (Pérou) et Eduardo Ramos Izquierdo (Mexique), a eu lieu, mercredi 31 octobre, dans le cadre du 23ème SILA. « Avant d’écrire des romans, j’étais poétesse. J’écrivais des poèmes lorsque j’étais au Pérou. C’est à Paris que j’ai commencé à écrire des romans », a confié l’auteure péruvienne.  Dans ses romans, Grecia Caceres, installée en France depuis 1992, après des études à Lima, s’intéresse au destin des femmes. « Le personnage de la femme a une présence remarquée dans mon imaginaire romanesque.  Je m’intéresse à toutes les femmes, des femmes seules, des vieilles filles, des mères célibataires. », a-t-elle détaillé. Il ne s’agit pas, selon elle, d’une préoccupation sociologique « Mais, d’une profonde curiosité, d’un intérêt passionné pour l’envers du décor, pour ce qui est caché, recouvert par le tapage extérieur mais qui se révèle être à la base. Je  m’intéresse aux gens que l’on ne remarque pas mais qui par leur position de subordonnés, ont un œil clair et précieux sur le monde qui les entoure. Ces personnages se sont imposés à moi. Ce qui m’intéresse lorsque j’écris, c’est l’originalité, la multiplicité», a relevé Grecia Caceres.

L’écrivain et l’exil

De nombreux écrivains sud-américains vivent à l’étranger, d’où la question : peut-on parler d’écrivains migrants ? A cetet question, a répondu : « Personnellement, je ne peux pas me considérer comme un auteur migrant.  L’écrivain vit un exil, qu’il soit géographique ou intérieur. Et l’exil peut être une nécessité pour un auteur pour créer, c’est-à-dire une source d’inspiration. Au moment où j’écris, je suis dans ma bulle espagnole. Je pense, je rêve, j’imagine, je ressens en espagnol. La langue espagnole est en moi, à moi. Même si elle est celle du colonisateur… ».

Les voyages enrichissent la création littéraire

Même constat chez Eduardo Ramos Izquierdo, auteur et critique mexicain. Selon lui la langue espagnole s’est nourrie au fil des siècles du milieu et s’est imprégnée des traditions culturelles et habitudes linguistiques de chaque pays sud-américain. « On parle espagnol, mais chaque pays a son accent, ses particularités (…) La femme m’intéresse. Elle est aussi présente dans mes écrits. Il faut accorder une plus grande pluralité à l’image de la femme. Il ne faut pas l’enfermer dans un seul rôle », a-t-il souligné. Selon lui, les écrivains prennent le chemin de l’exil pour des raisons diverses. « Je suis un écrivain migrant mais positif.  Mes voyages ont enrichi et diversifié mes créations littéraires », a-t-il dit.

Yacine Idjer    

 

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