Le Salon International du Livre d’Alger a, à la faveur du 1er Novembre, date du déclenchement de la Révolution algérienne, organisé durant la journée de jeudi, des conférences consacrées à cette date historique. L’une d’entre elles est celle animée par Matthew Connelly, historien américain et professeur à l’université de Columbia. Cette conférence s’est articulée autour de son livre paru aux éditions Média-Plus (Constantine) sous le titre de « L’arme secrète du FLN. Comment de Gaulle a perdu la guerre d’Algérie ». L’auteur y propose de repenser la guerre de libération nationale (1954-1962) en l’inscrivant dans un contexte international.  Matthew Connelly, qui s’intéresse aux questions de la décolonisation, notamment algérienne, s’est penché dans son livre à l’effort diplomatique du GPRA, porte parole du FLN, dans le concert des nations. « Le FLN a développé une stratégie politique à l’échelle mondiale et a utilisé la diplomatie comme une arme contre la France » et ce, pour saisir l’opinion internationale sur la lutte armée du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance. Des diplomates algériens ont porté la question algérienne au sein de l’ONU », a-t-il déclaré. Selon lui, le FLN a vite pris conscience de l’intérêt et de l’importance de l’arme, diplomatique. « La bataille de New York, à l’Assemblée de l’ONU est devenu une priorité pour le FLN. La France a riposté en boycottant pendant quelque temps l’ONU, elle quitte l’OTAN… Mais à chaque manœuvre, elle échoue. D’où les relations tendues entre la France et les USA », a souligné l’historien.

Une victoire sur la scène internationale

Il a rappelé que d’année en année, la guerre diplomatique prenait de l’ampleur et l’indépendance de l’Algérie devenait une évidence. « L’opinion internationale s’intéressait de plus près à la question algérienne au point où la France subissait des pressions notamment de la part des USA. Ces derniers ont expressément sommé la France de trouver une solution à cette guerre. Ils lui ont même exigé des négociations avec le FLN. A cela,  la France a pensé à une autonomie relative, mais le FLN, par la voix du GPRA, a rejeté la proposition de De Gaulle. Il a exigé la reconnaissance de la décolonisation de l’Algérie, de son indépendance », a expliqué le conférencier disant que la guerre diplomatique a été gagnée. « La victoire du FLN a été remportée sur la scène internationale. Ce n’est pas la France qui a donné l’indépendance à l’Algérie, mais c’est l’Algérie qui s’est donnée l’indépendance  De plus en plus isolée sur la scène internationale, la France a perdu la guerre diplomatique et, du coup, la lutte armée la contraint à reconnaître, d’une part, sa défaite et, d’autre part, l’indépendance de l’Algérie devenue, avec l’évolution de la Révolution, une réalité », a-t-il résumé.

Yacine Idjer 

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