A la fois mathématicien, historien des sciences et professeur émérite à l’université de Lille(France), Ahmed Djebbar a donné, vendredi 03 novembre, au niveau de la salle de conférence du pavillon G, une magistrale conférence portant sur la thématique « Science et rationalité en pays d’Islam ».Membre de l’Académie Algérienne des sciences et technologies, Ahmed Djebbar a essayé de résumer les cours qu’il a donné à ses étudiants doctorants en France pendant un semestre : Manière singulière de faire aimer le patrimoine aux présents dans la salle et les inviter à y réfléchir. Il a parlé de science au sens où l’entendait ceux qui ont pratiqué la science du XVIII é au XVIII siècle en pays d’Islam. « Les sciences écrites étaient les plus élaborées, celles qui servent à résoudre les problèmes de la vie de tous les jours . La rationalité, c’est tout ce qui nécessite une démarche qui n’est pas liée strictement à la mémoire et à la transmission d’un savoir ou encore d’un savoir-faire(…)Si la pensée n’intervient pas, cela ne diminue pas la valeur du savoir qui va être produit. La rationalité, c’est ce qui permet d’aboutir à un résultat indépendamment de l’observation et de l’expérimentation. Il faut un effort rationnel qui respecte des règles précises. Chose que les arabes et les musulmans n’avaient pas au XVII et au XVIII e siècle », a-t-il expliqué.

« Sciences rationnelles »

Mais, y a-t-il eu de la rationalité en pays d’islam ? Ahmed Djebbar a cité plusieurs penseurs et philosophes dont entre autres un traducteur européen Adélard de Barth  qui avait écrit qu’il avait appris de ses maitres arabes, à prendre la raison pour guide. L’orateur a rappelé qu’au XIIème siécle, l’Europe était dans une situation idéologique, culturelle et scientifique qui autorisait beaucoup de gens à considérer que « la raison était secondaire ». Selon certaines élites européennes, la civilisation de l’Islam constribué à l’émergence des sciences rationnelles, avec l’apport des grecs aussi.   « Pourquoi les musulmans ont décidé à un moment donné qu’il n’ y avait pas seulement une seule science ou un seul champ du savoir mais qu’il y a des sciences rationnelles et des sciences de transmission? Un grand événement est intervenu, c’est l’avènement d’une religion monothéiste qui s’appelle l’Islam et qui va marquer d’une empreinte plus ou moins visible toute démarche de réflexion ou de production intellectuelle », a-t-il analysé.

Meriem Nour

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