L’Espace Panaf a consacré la conférence du vendredi 2 novembre pour évoquer les plumes du continent noir. Dans une série de conférences intitulée « l’Histoire de l’Afrique et des africains à travers les biographies », Benaouda Lebdaï, professeur des universités, spécialiste de littératures africaines, a mis en exergue la biographie de Wole Soyinka, prix Nobel de la littérature en 1986. Selon lui, le système pénitencier n’existait pas avant le colonialisme en Afrique. «  La prison précoloniale n’existait pas, le contestataire était forcé de partir en exil. Le colonialisme a introduit le système carcéral », a-t-il fait savoir. Benaouda Lebdaï s’est appuyé sur les deux autobiographies de l’écrivain nigérian, dont « The man died » (L’homme est mort), pour illustrer toutes les douleurs de son effroyable emprisonnement pendant 28 mois en 1967 pour avoir soutenu le mouvement d’indépendance du Biafra (Sud-Est du Nigéria). Wole Soyinka a dénoncé la torture physique et morale en prison. Il a qualifié l’écrivain de « Symbole de résistance et de courage ». Un auteur qui rend toujours hommage dans ces livres à ceux qui se battent pour la justice. « Sa matrice mentale repose sur le partage équitable des ressources et de la démocratie(…) En prison, Wole Soyinka a été mis sous surveillance continue. On lui a confisqué ses livres et ses crayons. Il n’y a pas plus grande torture morale que cela », -t-il relevé. Selon lui, l’exil forcé de l’écrivain, à Paris, Londres et Atlanta, était une autre forme « d’enfermement douloureux et qui blesse au plus profonde de l’être ». « L’exil s’enfonce en vous comme un espace palpable de deuil », disait Wole Soyinka. « L’écrivain, l’intellectuel, le poète, le dramaturge Wole Soyinka est là pour démontrer que la réalité dépasse souvent la fiction dans les prisons africaines… », a-t-il ajouté.

Adel Brahim

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