Peut-on dire que l’immigration est le thème dominant des quinze dernières années dans la littérature africaine ?

La question de l’immigration est une question essentielle de la littérature africaine, de ce village global où les frontières se ferment, ou seuls les occidentaux ont la liberté de se déplacer, d’où la prise en main par les romanciers sénégalais, algériens, camerounais, marocains de cette thématique. Ils démontrent dans leur écrits comment ces migrants se noient en mer, traversent le Sahara, meurent dans d’abominables conditions. Ces migrants finalement sont en quête de bonheur, il faut comprendre pourquoi ils veulent partir. La solution est à trouver sur place pour que ces jeunes là ne voudraient plus chercher le bonheur sous d’autres cieux d’une part, et puis partir peut être aussi une liberté de choix. Je pense que cette problématique est bien prise en main par la littérature africaine.

Est-ce que la littérature africaine reflète réellement les réalités des sociétés ?

Toute bonne littérature part de la source. William Faulkner s’est imposé comme une plume référence aux Etats-Unis. Sa réussite est liée à ses écrits axés sur le sud américain. Cette écriture de terroir l’a rendu célèbre. La réussite de l’ écrivain dépend du talent, du courage, et de la conviction, et non pas de la quête de profits commerciaux et de l’adaptation à une tendance. Leur écriture doit être l’émanation de l’environnement social et culturel. Des écrivains comme Kamel Daoud, Maissa Bey et Yasmina Khadra, ils sont lus et populaires parce qu’ils écrivent sur des situations de la société dans laquelle ils vivent et ils pointent les aspects difficiles de la société. Un bon écrivain écrit lorsqu’il y a une tragédie, mais pas uniquement. L’exemple de la décennie noire, qui était traumatisante pour les algériens, a été prise en main par énormément de romancier et de dramaturge. Ils sont revenus à la source pour essayer de comprendre la société algérienne et comprendre pourquoi ce phénomène s’est produit chez nous avec une telle ampleur. Ecrire sur les séquelles d’une tragédie ; les problèmes politiques et sociaux que beaucoup de personnes ont vécu crée une sorte de compassion avec les lecteurs potentiels ayant vécus ces drames, sans que le roman se termine par une note d’espoir explicite. Mais, le fait d’aborder ces tragédies, permet à l’espoir de jaillir de façon implicite.

Entretien réalisé par A.B.

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