Un forum sino-arabe a eu lieu à la faveur du 23 ème Salon International du livre d’Alger. Des professionnels de l’édition etdes officiels ont souligné la qualité des relations entre la Chine et les pays arabes. Liang Yan Shun, chef de la délégation chinoise, a évoqué l’importance de faire connaitre les expériences des deux parties dans le domaine de l’édition et a mis l’accent sur le rôle de la traduction dans le développement économique et la circulation des idées. Ismaïl Oubssir, secrétaire général au ministère de la Culture, a déclaré que les relations entre l’Algérie et la Chine se sont améliorées depuis les années 2000, notamment dans le domaine de la culture, où de nombreux partenariats ont vu le jour. « Cette coopération concerne la formation dans les métiers des arts et du spectacle. Elle s’étendra, à l’avenir, à d’autres domaines artistiques et culturels comme l’édition », a-t-il annoncé. Bachar Chbarou, secrétaire général de l’Union des écrivains arabes, a plaidé pour la densification du partenariat sino-arabe dans le domaine de l’industrie du livre. « Le livre arabe trace son chemin pour arriver aux lecteurs chinois. La Chine est un partenaire privilégié des pays arabes, surtout dans le domaine culturel », a-t-il dit. « le livre constitue un moyen permettant de multiplier les échanges culturels entre la Chine et les pays arabes », a soutenu;, pour sa part, Li Chang Chia, un éditeur.

Faire connaître la culture et l’Histoire

Il, en outre, expliqué que le nombre des livres chinois traduits en arabe et distribués sur le marché arabe est conséquent. Et inversement. Cela permet, selon l’intervenant, d’aller à la rencontre de l’autre. « Il permet aux chinois de connaitre la culture et l’histoire du monde arabe, tout comme il permet aux lecteurs arabes d’avoir un regard porté sur la Chine », a-t-il dit. L’objectif de sa maison d’édition consiste à diversifier le produit livresque, en touchant à toutes les disciplines et ce, pour toucher un plus vaste lectorat. Ahmed Madi, président de l’Union nationale des éditeurs algériens du livre, a souligné la nécessité de profiter de l’expérience chinoise dans le domaine de l’édition . Il a aussi appelé à multiplier et diversifier le partenariat sino-algérien et ce, pour un meilleur rapprochement des deux pays. Wang Yi Chiouan, éditrice, a précisé que sa maison d’édition qui jouit d’une présence remarquée sur le marché arabe, tend à se spécialiser dans l’éducatif et l’académique. Elle a expliqué que d’autres projets sont en cours de préparaion, après une traduction des travaux d’Adonis de l’arabe au mandarin. « La traduction permet de faire connaitre la culture et l’histoire de la Chine au lectorat arabe, et faire connaitre la civilisation et la littérature arabe à la Chine:  La traduction est une manière d’assurer la transmission et la continuité », a-t-elle souligné.

Une fenêtre sur l’autre

Israa Abdessayed, universitaire égyptienne, a expliqué que l’apport de la Chine à l’Egypte consiste surtout dans le domaine académique et universitaire. Liou You Houa, directrice de la coopération internationale à la maison d’édition de l’Université Rinman, a déclaré que son organisme, qui a 63 ans d’expérience dans le domaine du partenariat, édite 3600 titres. Et depuis 2000, il explore de nouvelles pistes pour exporter le livre chinois. « Nous avons exporté 3000 livres dans dix langues . «Nous nous employons à créer une mécanique, une dynamique pour faire connaitre le livre chinois à travers le monde », a-t-elle précisé. « Depuis quelques temps, nous nous intéressons à la traduction, car elle représente un pont entre les cultures et une fenêtre ouverte sur l’Autre et son histoire . Nous venons de traduire vers l’arabe des livres chinois. Au début, j’appréhendais cette idée, finalement je constate que c’est une expérience enrichissante. J’ai constaté qu’il y a une curiosité et un engouement de la part du lectorat algérien sur tout ce qui se rapporte à la culture, à l’Histoire et aux connaissances scientifiques chinoises », a souligné, pour sa part, Assia Moussei de la maison d’édition algérienne El Ikhtilef. Ameziane Ferhani, journaliste, s’est, lui, félicité du bon partenariat entre l’Algérie et la Chine, notamment dans le domaine culturel et artistique. Mais il a déploré qu’il n’existe pas encore un vrai rapprochement entre journalistes algériens et chinois.

Yacine Idjer

Pin It on Pinterest

Shares
Share This