Rachid Boudjedra, romancier algérien, a animé une conférence au pavillon G, ce dimanche 4 novembre, « J’aime les mots. J’ai vécu dans un environnement fait de mots. Et c’est cela qui explique pourquoi mes titres sont poétiques. Je n’aime pas le sensationnel. Mes titres ne sont pas sensationnels. Ce sont juste des titres à résonnance poétique », a-t-il confié. Il a reconnu que parfois il trouve quelque difficulté à trouver un titre à un roman, mais « après maturation je finis par en trouver un ». Selon lui, les mots courts ont plus de sens et sont plus percutants. Dans ses romans Rachid Boudjedra rejette l’idée de héros. « Je suis un anti-héros. Les personnages que j’imagine sont fragiles et marginaux.  J’écris pour respirer. L’écriture est un acte libérateur. C’est une thérapie », a-t-il noté. Interrogé sur ce qui se fait aujourd’hui en matière d’écriture, celui qui considère Kateb Yacine comme son maitre a répondu : « Les écrits, pour la plupart, sont médiocres. Il y a peu de romans de qualité » Il a regretté que la littérature algérienne connaisse en ce moment une crise de contenu et de sujet.

« Je réagis à ceux qui falsifient notre Histoire »

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Il a aussi relevé que presque tout ce qui s’écrit est autobiographique. « On est dans une écriture nombriliste. Il n’existe pas de critiques, mais il existe des critiques universitaires qui sont malheureusement cachés, marginalisés. La critique journalistique est rare, presque inexistante », a-t-il tranché. Abordant son livre « Les contrebandiers de l’Histoire », un pamphlet qui a fait couler beaucoup d’encre, Rachid Boudjedra a expliqué avoir écrit ce texte pour se libérer de quelque chose qui le faisait mal. « Dans ce livre, je réagis à ceux qui falsifient notre Histoire et qui donnent une fausse image de notre pays », a-t-il dit. Il s’est dit désolé de voir qu’aujourd’hui il existe chez certains algériens « une tendance de la haine de soi ».

Yacine Idjer

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