Le temps d’une rencontre, lundi r novembre au Sila, une fenêtre a été ouverte sur la littérature maghrébine, une littérature riche traversée par un étonnant éclectisme. Et c’est le roman qui a été au chœur du débat lors de la conférence animée par de grands noms du paysage littéraire maghrébin. Charafdine Majdouline, critique littéraire marocain, s’est posé des questions : « Ya-t-il un roman maghrébin ? ». « Peut-on parler de roman maghrébin ? ». Selon lui, le roman maghrébin même s’il comporte des similitudes de par l’histoire et la géographie, il cultive cependant des particularités et des différences . « Le roman maghrébin a des traits et des esthétiques propre à chaque pays, selon la langue dans laquelle il est écrit.  Le roman maghrébin est situé à « la croisée des chemins». En d’autres termes, il s’inscrit dans différents itinéraires. Cela fait sa spécificité et le rend pluriel. Autrement dit, il ne faut pas ramener le roman maghrébin à un seul modèle, mais «  réaliser la diversité et accepter les différences ». Pour sa part, Chokri El Mabkhout, romancier tunisien, rejette l’idée de « roman maghrébin » au singulier ou au pluriel.

 

Ecrire pour se faire lire

« Ce qui m’intéresse, c’est d’écrire un roman, et lorsque j’écris, je transcende les frontières. La nationalité ne m’intéresse pas.  J’écris pour me faire lire et non pas à ce que mon roman fasse l’objet d’une étude d’un point de vue anthropologique ou autre», a-t-il noté. Chokri el Mabkhout va au-delà de toutes considérations géographiques et spéculations analytiques. « J’écris pour parler de l’homme. Je m’adresse à l’universel dans mes écrits », a-t-il confié. « J’écris avant tout en tant qu’algérien. C’est pour affirmer mon vécu culturel, civilisationnel et humain», Je me considère comme une part de l’humanité », a souligné, de son côté, Habib Sayah, romancier algérien.

 

« Faire connaitre notre expérience »

 

Selon lui, le roman maghrébin, écrit notamment en arabe, s’adapte, sur le plan de la langue, au style tel qu’il est admis au Moyen-Orient. « Pour se faire éditer, l’écrivain maghrébin adapte la langue arabe utilisée dans l’écriture de son roman à celle du Moyen-Orient. Le romancier maghrébin doit écrire dans sa propre langue pour véhiculer sa culture, son histoire . Il faut affirmer notre spécificité, notre authenticité, notre ancestralité dans notre langue », a-t-il soutenu. « Notre écriture nous différencie des autres pays arabes.Nous pouvons faire connaitre notre expérience, notre imaginaire, notre sensibilité, notre langue», a-t-il déclaré.

Yacine Idjer 

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