Parlez-nous de l’évolution du roman marocain?

Si on parle d’une évolution, d’un changement dans la réception du roman marocain, on peut situer ce bouleversement vers la moitié des années 1990. Ce changement concerne, d’une part, la diversité des thèmes abordés dans les textes, les styles, les choix et les orientations, et, d’autre part, la multiplicité des auteurs. On assiste depuis, à l’émergence d’une multitude de romanciers. Et parmi eux, il y a beaucoup qui sont venus d’horizons divers :des philosophes, des sociologues, des universitaires, et d’autres. Le bouleversement s’est fait aussi grâce à la multiplicité du lectorat. Ce dernier manifeste le désir de lire. Au Maroc, il y a une forte consommation du roman écrit en arabe et en français. On peut donc parler de lecteurs au Maroc et à l’étranger. Il y a des lecteurs qui suivent les expériences et les itinéraires. Et tout ce qui se fait éditer. Et ce qui a également marqué l’évolution du roman marocain, c’est que de nombreux romans ont été adaptés au cinéma. Le roman marocain est salué par la critique et jouit d’une reconnaissance en tant qu’œuvre artistique. On assiste à des expériences spécifiques et intéressantes. Il y a le désir de sortir d’une géographe étroite et d’aller vers quelque chose de plus large, vers des horizons lointains, au-delà des frontières, dans l’universel, tout cela a fait que le roman marocain connait une ouverture et une évolution notable.  

Quels sont les facteurs qui ont fait que le roman marocain connait un tel changement ?  

Il y a plusieurs facteurs. D’abord, il y a le parcours historique. Il faut dire qu’avant, il y avait une poignée d’auteurs qui écrivaient en langue arabe, qu’on pouvait d’ailleurs compter sur les doigts de la main. Puis, on assiste à l’émergence de nombreux auteurs. Les nouvelles générations ont vite compris que le roman est un moyen important pour véhiculer l’image de leur société mais aussi pour transmettre des messages, des idées. Il y a une préoccupation de la part de ces nouveaux auteurs de transmettre quelque chose d’autre, en dehors des expériences personnelles. On n’est plus dans le roman autobiographique. On écrit sur des sujets et autres questionnements universels en s’appuyant sur la recherche et la documentation, en s’ouvrant à d’autres expériences d’écritures ou en explorant d’autres pistes d’écriture. Cette aventure donne au roman marocain sa diversité et sa pluralité. Et sa teneur.  

Propos recueillis par Yacine Idjer

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