La création littéraire du Sahara à été au cœur d’une conférence, tenue lundi 05 novembre 2018, à la salle du pavillon G, à la faveur de la 23e édition SILA. Animée par une pléiade d’écrivains issus du sud algérien ou ayant eu le Sahara comme unité de lieu dans plusieurs ouvrages, la rencontre intitulée « Sahara, je t’écris » a fait un tour d’horizon sur les caractéristiques de l’écriture sur le désert, ses tendances, ses genres et son actualité. Selon Abdellah Kerroum, le Sahara a toujours poussé l’homme à se poser des questions existentielles sur son rôle et ses tourments dans la vie. Il a évoqué les contes et légendes mentionnés dans la littérature algérienne à l’exemple de « Je t’offrirai une gazelle » de Malek Haddad dans son évocation du roi d’Ouargla, perdu entre les dunes. Il a parlé des paradoxes entre le sensé et l’insensé, la limité et l’illimite, le chaos et la méditation. « Les écrivains du Sahara qui ont l’art particulier de transmettre l’histoire, les folklores, le vécu et les caractéristiques climatiques du désert », a-t-il témoigné. Amier Boudaoud a, pour sa part, déploré le fait que beaucoup d’écrivains algériens, nés et ayant grandit dans le Sahara, abordent peu les caractéristiques de leur lieu d’enfance. «  Isabelle Eberhardt a quitté Genève pour Ain Sefra. Lors de l’attribution du prix Nobel de la littérature en 2008 à Jean-Marie Gustave Le Clézio, il a été mentionné que son roman « Désert » a fait découvrir une extraordinaire culture encore peu connue. Nous devons valoriser le désert », a-t-il conseillé

 

« Une énigme »

Lauréat du prix Assia Djebar du roman français en 2016, Djamel Mati a fait savoir que depuis son écriture sur le Sahara dans le roman « Cybercafé.com » il n’arrive plus à s’arrêter. «  Lorsqu’on met le pied dans l’écriture sur le Sahara on ne s’en sort jamais. Je suis revenu, instinctivement, dans le reste de mes publications. Le Sahara reste l’un des plus grands énigmes du monde », a-t-il noté. Djamel Mati a souligné que le charme, l’inaccessibilité et les mystères du désert ont fait de lui un espace d’inspiration. « L’homme découvre sa petitesse dans le Sahara et oublie systématiquement sa force, son statut, sa fortune et son influence », a-t-il conclu.

Adel Brahim

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