La bande dessinée en Afrique a été le thème d’une conférence, mardi 6 novembre, au stand Esprit Panaf animée par Christophe Ngalle Edimo (Cameroun) et Al’Mata (Congo). Pour l’un comme pour l’autre, faire de la B.D. est « une manière de raconter une histoire ».

«  Nos propres vies nous inspirent. Dans mes B.D, je parle du problème de l’émigration, la place de l’homme dans la société et de son acceptation au sein de la même société », a déclaré Christophe Ngalle Edimo. « Lorsqu’on fait de la B.D, lorsqu’on y raconte une histoire, on doit prendre partie, provoquer une ouverture à travers des personnages sympathiques. On construit des personnages vivants, évoluant dans des situations crédibles», a-t-il expliqué. « On parle de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, on parle de sujets universels. On met notre situation en dérision, on parle de nos problèmes certes, mais l’Afrique n’est pas que des problèmes, que de la misère. C’est aussi de la joie, du rire… Et c’est aussi de ça qu’on parle dans notre B.D. », a appuyé Al’Mata qui vit en France. « J’ai publié plus en France qu’au Congo », a-t-il dit.  

« Nous sommes incompris » 

A la question de savoir s’il doit se battre pour s’imposer dans le métier, Al’Mata a répondu : « Evidemment. Dans chaque travail, il faut se battre pour avoir sa place et, surtout, pour faire connaitre la B.D africaine. J’essaie de m’y imposer » Selon Christophe Ngalle Edimo, les éditeurs français sont réticents à faire éditer des auteurs africains ». « Nous sommes incompris.  Si nous voulons se faire éditer, ils nous demandent de changer l’histoire, la physionomie de nos personnages.  Mais nous, nous refusons, nous persistons », a-t-il révélé. Par ailleurs, les deux intervenants regrettent qu’il n’y ait pas en Afrique de vrais éditeurs, des professionnels dans le domaine de la B. D. « Les éditeurs n’ont pas une formation d’éditeurs.  En plus, pour faire connaitre la B.D africaine sur le sol africain, il faut construire des circuits de diffusion », ont-ils observé.  

« Tous les sujets sont abordables » 

Même s’ils vivent à l’étranger, Christophe Ngalle Edimo et Al’Mata gardent un lien avec leurs pays d’origine. La B.D est, selon eux, comme la littérature. Elle fait appel à la lecture. « Nous traitons des sujets sociaux, qui nous touchent, comme cela se fait en littérature. On est profondément ancré dans le vécu, dans notre réalité. A travers la B.D, nous faisons passer des messages sur un ton comique. On s’autorise de traiter des thèmes sensibles. Tous les sujets possibles sont abordables. Il y a un vrai travail sur le réel », ont-ils souligné.

Yacine Idjer   

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