Said Boutadjine était l’invité, mardi 6 novembre, au niveau de la salle du pavillon G. L’auteur et modérateur Ahmed Khiat a essayé de dresser un constat philosophique de l’univers intellectuel et littéraire de Said Boutadjine, connu par sa maîtrise de la langue arabe et des méthodologies critiques. « Said Boutadjine a fait usage de ses connaissances de la critique moderne, contemporaine ainsi que de sa méthodologie dans l’acte d’écriture », a-t-il dit. L’orateur fait le parallèle entre l’écrivain allemand Hermann Hess et Said Boutadjine. « Dans son roman « Le loup des steppes » Hermann Hesse, voyait le désastre venir. A la fin de l’histoire, le personnage principal a choisi l’aspect sauvage vu la défaillance des valeurs politiques et sociales dans la société allemande. Il y a des ressemblances avec Said Boutadjine. L’écrivain allemand a échappé à la méthodologie de l’époque et Boutadjine a échappé à ce discours aussi », a-t-il noté.

« Je m’insurge contre mes pensées »  

«  Je n’appartiens à aucun parti politique ni encore à aucun mouvement idéologique. Je suis contre moi-même. Je m’insurge contre mes pensées et mes écrits. Je me moque dans ce que je fais dans la vie. Je suis un homme libre dans l’univers. Je suis libre au sens propre de la liberté. Je me suis débarrassé des pressions familiales et de moi-même. Je ne suis pas d’accord avec certains de mes travaux. Je me relis très rarement. Je ne lis jamais un livre que j’ai publié », a confié Said Boutadjine.. « A mes débuts, j’étais un partisan des intellectuels. Aujourd’hui, je suis devenu contre eux. Je ne suis avec aucun courant idéologique. Je suis un mutant. Cette mutation me permet d’être libre. Le seul écrivain que je n’aime pas lire, c’est bien Said Boutadjine. Je ne suis pas arrogant. Il n’y a pas aussi de vérité absolue dans tout ce que je dis », a-t-il ajouté

La poésie et la langue

L’écrivain algérien, qui a traduit plusieurs romans dont « Nedjma » de Kateb Yacine et « Etoile errante » de Jean-Marie Gustave Le Clézio, prend ses personnages de son environnement en leur donnant une dimension intemporelle. « Quand on lit mes livres, on comprends que j’ai mon propre environnement et un style particulier » a-t-il dit-il. Pour avoir lu beaucoup de poésies arabes et mondiales, Said Boutadjine a reconnu que la poésie a été bénéfique pour lui sur le plan de la langue. Preuve en est : L’ensemble de ses textes sont ponctués de poèmes en langue arabe classique et en dialectal. L’auteur a révèlé qu’il travaille sur plusieurs niveaux notamment sur la langue. Le récit lui importe peu.   Il a avoué avoir tiré pleinement profit de la métaphore et de la sémiologie.

Si le le romancier a rappelé avoir commencé par l’écriture satirique, il a précise qu’il n’écrit pas à l’envers. Bien que beaucoup de ses textes ont été adaptés au théâtre, Said Boutadjine a noté qu’il ne théâtralise pas l’écriture. Il sait faire aussi des économies de mots dans son écriture.

Meriem Nour

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