L’universitaire Ismaïl Abdoun, maitre de conférence au département de Français de l’université de Bouzaréah, Alger a évoqué avec des mots touchants, la parcours et l’œuvre, de l’écrivain algérien de langue française Mourad Bourboune, lors d’une rencontre, mercredi 7 novembre au niveau de la salle du Pvillon G du Sila. Ismail Abdoun a rappelé que Mourad Bourboune, né en 1938 Jijel, est un oublié de l’histoire et de la littérature algériennes alors qu’il a publié une série de poèmes et deux romans « Le monde des genêts » en 1964 et « Le Muezzin » en 1968. « Mourad Bourboune est l’un des derniers représentants de la deuxième génération d’écrivains d’expression française, après celle, entre autres, de Mouloud Mameri, Mouloud Féraoun et Kateb Yacine. Mourad Bourboune est un personnage de grande culture classique. Il a fait de brillantes études à Constantine puis en Tunisie et à Paris où il a fait du journalisme. Il a, aussi, joué dans la pièce théâtrale de Kateb Yacine en1958 « Le cadavre encerclé » », a-t-il détaillé. Mourad Bourboune a une grande culture classique qui apparait dans son premier roman « Le monde des Genets »  alors qu’il a à peine 24 ans. « Malhereusement, Bourboune est un écrivain et un poète méconnu car il n’a publié que deux ouvrages », a-t-il expliqué.

Membre fondateur de l’Union des écivains

Mourad Bourboune, selon lui, a contribué à la vie culturelle dans le pays après l’indépendance. Il a été l’un des membres fondateurs de l’Union des écrivains algériens avec ses ainés Jean Senac et Djamel Amrani. En 1962. Il a également présidé la commission culturelle du FLN et participé à la publication d’une revue culturelle «Novembre ». Il a même assumé des responsabilités politiques au sein du gouvernement en tant que directeur du cabinet du ministre du Travail Bachir Boumaza. En juin 1965, il s’est exilé en France.

Un auteur peu médiatisé

Les poèmes de Bourboune sont dispersés entre 1962 et 1965 sans faire l’objet de publication. « Mourad Bourboune ne figure pas dans le dictionnaire classique des écrivains de langue française. Ce n’est pas parce qu’il a écrit uniquement deux ouvrages qu’il n’a pas le droit d’exister. Et que personne ne parle de lui. Cet illustre homme mérite plus que quelques phrases par ci, par là dans des anthologies. C’est un homme de grand talent, très discret. Il n’a jamais participé à la médiatisation ni en Algérie ni en France », a appuyé Smaïl Abdoun.

Meriem Nour

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