Comment expliquer la faiblesse de la production littéraire de Mourad Bourboune?

On peut parler de mystères de l’inspiration. Ce n’est pas parce qu’on a écrit plusieurs romans qu’on est un grand écrivain. Emile Zola a écrit une vingtaine de romans, Flaubert cinq. Stendhal a écrit uniquement «  Le Rouge et le noir » et « la chartreuse de Parme ». Les autres romans sont ratés, à mon avis. Pierre Choderlos de Laclos a écrit qu’un seul chef d’œuvre « Les liaisons dangereuses ». Cervantes a écris quelques nouvelles mais un seul roman «Don Quichott ». On ne peut pas répondre à ce type de question. J’ajouterai aussi que cela dépend de l’individu. Je dis toujours à mes étudiants de ne pas chercher les indices de la vie intime de l’écrivain dans l’œuvre. C’est dangereux.

Mais, comment expliquer-vous le fait que Mourad Bourboune soit aussi méconnu en Algérie ?

Cela peut s’expliquer de différentes façons. D’abord, dans l’Histoire littéraire algérienne on a tendance à n’évoquer que les oeuvres classique. C’est une erreur des enseignants de littérature eux-mêmes. Ensuite, Mourad Bourboune n’est pas beaucoup publié en Algérie. Certains pensent qu’il n’est pas un bon écrivain. Pour d’autres, je suppose, cela choque quand l’écrivain parle de religion. Les enseignants ont toujours privilégié les auteurs connus. Je pense que la responsabilité de l’université est engagée. Certains professeurs préfèrent aller vers la facilité. Autant « Le monde des genêts » de Mourad Bourboune est accessible, le «Muezzin », est une écriture corsée et complexe à la fois. En plus des faiblesses de l’enseignement universitaire, Il y a les manquements de la politique culturelle en Algérie, des éditeurs et des médias. Depuis le début des années 2000, on constate l’existence d’une littérature conjoncturelle.

Propos recueillis par Meriem Nour

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