« L’Algérie est-elle une terre de philosophie ? » Telle était la question soulevée, mercredi 7 novembre, par une pléiade de philosophes et d’universitaire dans une conférence à la faveur du 23e SILA. Revenant sur l’évolution de la philosophie nord-africaine depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine, les intervenants ont unanimement souligné que l’Europe, notamment la Grèce antique, n’avait pas le monopole de la pensée philosophique. Présentant la pensée donatiste et augustinienne de l’Algérie dans l’Antiquité, Djamel Belkacem a fait savoir que l’Algérie est plus proche de philosophie par rapport aux autres sociétés, et ce, selon les études de plusieurs chercheurs notamment allemands sur « le trésor philosophique en Afrique du nord ». Il a déclaré que cette riche pensée philosophique était contrée par une banalisation de la part de l’empire romain, réduisant l’image du numide à un stéréotype négative « sauvage et violent ». « L’empire romain a utilisé l’Eglise catholique à ses fins politiques. Constantin le Grand a formé à Rome une élite de la Numidie pour qu’elle change à son retour les fondements de la Révolution et de la libération chez le peuple amazighe », a-t-il fait savoir.

« Etudier Ibn Arabi »

De son coté, Samia Benakouche a déploré la non-exploitation du patrimoine soufie, libérateur de la pensée musulmane qui ne pouvait pas débattre sur la trinité « sexe, religion, politique ». Elle a analysé le rapport le soufisme et la philosophie en terre Maghrebine, en ayant comme exemple Ibn El Arabi. « Auteur de pas moins de 450 ouvrages, Ibn El Arabi a vécu dans plusieurs villes à l’exemple de Fès et Bejaia. Il a donné un nouveau souffle à la langue arabe en la libérant des chaines de la rhétorique pour une langue de connaissance, de savoir et de philosophie », a-t-elle souligné avant d’appeler pour l’introduction des textes d’Ibn El Arabi dans les manuels scolaires et de manifester plus d’intérêt à ses études au sein de l’université. «  Il a étudié la relation de l’homme avec Dieu, avec autrui, la relation de l’homme avec la femme. C’était un philosophe de lumière que nous devons étudier et analyser », a-t-elle insisté. Bouzid Boumerdiene a, pour sa part, donné un aperçu sur  l’historique des dynasties et des Etats du Maghreb entre l’antiquité et l’époque médiévale. Il a parlé de la pratique de la philosophie avec les difficultés rencontrées face aux juristes.

Adel Brahim

Pin It on Pinterest

Shares
Share This