Au dixième jour du Sila, l’espace « Esprit Panaf », au niveau du pavillon central, a accueilli le journaliste, traducteur et écrivain, Merzak Bagtache pour débat ouvert, animé par l’universitaire Mecheri Ben Khelifa qui a évoqué les qualités intellectuelles de l’homme. Merzak Bagtache fait partie de la deuxième génération d’écrivains en langue arabe, après celle d’ Abdelhamid Benhadouga et de Tahar Ouattar. Il appartient à la génération des années 1970 . Parfait trilingue, Arabe,Français,Anglais, l’homme s’est distingué au tout début de sa carrière par des recueils de nouvelles et par des romans, ensuite. En 1976, la presse et le public ont bien accueilli son premier roman « Les oiseaux méridiens », publié par les éditions Amal.

A travers le regard d’un enfant

Pour Mecheri Ben Khelifa, Merzak Bagtache parle directement ou implicitement dans tous ses écrits de la mer et des pêcheurs. Il peut être comparé à l’écrivain américain Ernest Hemingway dans son roman «Le vieil homme et la mer». Selon lui, l’œuvre de Merzak Bagtache est traversée par une écriture narrative, reposant sur son vécu et sur ses propres expériences. Dans son premier roman, il évoque l’enfant algérien en particulier. «La plupart des écrivains qui ont abordé la Révolution algérienne ont convoqué des personnages adultes. Merzak Baghtache propose le regard d’un enfant avant, au moment et après la guerre de libération nationale », a-t-il noté. Selon lui, Bagtache est le seul romancier en langue arabe qui axe ses écrits sur la ville.

Une oeuvre étudiée à l’université

« Merzak Bagtache est un homme très cultivé. Il est resté fidèle à son écriture et à sa langue. Ses écrits laissent transparaitre sa foi et sa vaste culture humaniste puisée dans le Saint Coran, les dires et les sentences du Prophète ainsi que les œuvres des grands auteurs de la littérature arabe et universelle », a souligné Mecheri Ben Khelifa. L’écrivain a, également, une riche connaissance dans le cinéma- puisqu’il est scénariste-, dans les arts plastiques et dans l’univers musical. L’orateur a indiqué que la plupart des œuvres littéraires de Merzak Bagtache ont fait l’objet d’études, de mémoires et de thèses de graduation et de post-graduation dans diverses universités du pays et du Moyen Orient.

Commencer par la réalité…

Prenant la parole, Merzak Baghtache a confié qu’il n’a pas pour habitudes d’intervenir en public. Il a précisé que dans son oeuvre « Oiseaux en plein midi », l’héros principal était un enfant de onze ans vivant en plein guerre de libération nationale. « J’ai voulu être sincère avec moi-même, avec ma pensée, mon écriture et avec mon environnement. J’ai constaté que l’enfance n’apparait pas beaucoup dans les écrits des auteurs algériens, excepté l’écrivain Mouloud Féraoun dans son livre «Le fils du pauvre ». Nous avons certes des romans mais il y a une pauvreté au niveau de l’évocation de l’enfance», a-t-il regretté.Au sens de l’écrivain Merzak Baghtache, le réalisme commence par des faits réels. Selon lui, même la science fiction se réfère souvent à la réalité. « Tout écrivain commence par la réalité pour aller vers l’imaginaire », a-t-il précisé.

Meriem Nour

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