Votre écriture semble partir toujours partir du réel. Pourquoi ?

Effectivement mon écriture part à partir du réel pour déboucher sur ce qui peut être imaginé ou imaginaire. Car, l’imaginaire ne peut pas avoir d’existence sans avoir une base qui soit ancrée dans le réel. Je ne peux pas porter de jugement sur mes écrits. J’aimerai bien connaitre l’avis contraire.

Comment expliquer la présence de l’enfant dans vos œuvres ?

Je pars du principe que l’écriture a pour marge la sincérité. Quand j’ai écrit mon premier roman «Touyour El Dariha » (les oiseaux de midi), j’ai traité de la période 1955-1956, coïncidant avec la guerre de libération nationale. Mon personnage principal était un enfant. Je ne pouvais pas camper un personnage âgé de 20 ou de 30 ans. Cet enfant n’était pas moi exactement. J’ai voulu une enfance romancée. Pour moi l’écriture, c’est la sincérité. C’est ce que je fais à longueur de ma journée, de mes lectures, de mes romans et de mes traductions littéraires.

Où est la place de la fiction ?

La fiction est dans cette sincérité. Je ne peux pas imaginer la chose à partir de quelque chose qui est réel. Je suis entré dans le réel. Je ne peux pas imaginer une situation en Atlantique, en Asie ou en Australie sans avoir une connaissance de ce qui est réel. Dans mon écriture, je parle de mon entourage direct. De ce que je vis et de ce que je ressens, de ce que j’entends. C’est cela la réalité.

Propos recueillis par Meriem Nour

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