Rachid Oulebsir est éditeur. Sa maison d’édition a pour nom Afriwen. Elle est située à Bejaia.

Abdelkrim Tazaroute, journaliste, est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les artistes algérien, tels que Mohamed Lamari et El Hachemi Guerouabi. Son dernier né, paru aux éditions ANEP, a pour titre « Djamel Allam, de Ourtsrou au Youyou des anges ».  

Parlez-nous de ce nouveau livre consacré au chanteur et musicien Djamel Allam, décédé le 15 septembre 2018

Ce livre est écrit en hommage à Djamel Allam qui était un ami d’abord. J’étais son fan durant les années 1970 et après aussi. C’est un artiste complet et accompli. Il est compositeur, auteur et interprète. Il est aussi acteur. Il totalise plusieurs films. Puis, il est passé derrière la caméra en réalisant un court-métrage : « Banc public » qui reçu l’Olivier d’Or au Festival national du film amazigh. Djamel Allam voulait que j’écrive sa biographie. Je viens de réalise ce voeu. 

Qu’est-ce que vous retenez de Djamel Allam ?

Je retiens d’abord que Djamel Allam était un excellent musicien, un artiste d’une grande générosité. C’était quelqu’un de passionné, cultivé et ouvert. Il adorait la poésie. Il adorait le cinéma et la littérature. Il lisait jusqu’à quatre à cinq livres par semaine. Sa bibliothèque personnelle est édifiante. Il y a un album-CD qui va bientôt sortir sur son oeuvre.

Il faut dire aussi qu’il est une référence musicale.

Bien sûr. Il avait contribué au renouveau et à la modernisation de la chanson kabyle. Il en était le précurseur. C’était lui qui avait permis à Idir de devenir une star internationale. C’était quelqu’un d’inspiré et d’une grande sensibilité. Son héritage est à la hauteur de l’artiste. Il est riche et varié. Si on prend toute sa musique et on l’interprète avec un orchestre symphonique, ça donnera quelque chose d’extraordinaire, de spectaculaire.

Et cet héritage, est-t-il pris en considération par la jeune génération ?

Il faut le lui faire découvrir. Malheureusement en Algérie on ne diffuse pas les musiques anciennes, sachant que Djamel Allam est récent, il n’est pas si ancien que ça. On ne fait pas découvrir à la jeune génération ces artistes qui ont fait et marqué la chanson algérienne. On ne fait pas la promotion de nos artiste ni à la télévision ni à la radio. C’est malheureux de le dire : on a fait la promotion de la chanson raï mais pas celle de la chanson kabyle. Un artiste comme Ali Amran n’est pas diffusé à la radio. Voilà comment elle est la situation de la promotion artistique chez nous. La culture n’a pas de support : il n’y a pas de revues spécialisées, d’émissions spécialisées. Très peu de journaux consacrent des pages à la culture.  

Vous avez l’habitude de faire des livres sur des chanteurs algériens.

C’est un devoir de mémoire. Parce que ça fait mal au cœur qu’il ait des gens, qu’ils se sont sacrifiés et qu’à la fin ils sont oubliés. Il y a aussi une mémoire à préserver. Parce que quand je commence à travailler, je ne trouve aucune trace sur ces artistes. Chaque livre que je fais sur un artiste peut être considéré comme un document. 

ropos recueillis par Yacine Idjer

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