L’édition au Sénégal

Entre contraintes et espoir

L’édition au Sénégal était le thème d’une conférence, mardi, dans le cadre des activités culturelles du SILA.

Aminata Sy, éditrice, a fait remarquer que « le Sénégal compte à son actif une quarantaine de maisons d’édition ». « L’édition, chez-nous, évolue et se diversifie », a-t-elle souligné, mais elle a déploré les contraintes auxquelles la fabrication du livre est confrontée.

« C’est difficile de vendre un livre, c’est un produit qui n’est pas vraiment rentable, parce que la fabrication du livre nécessite des coûts élevés », a-t-elle regretté. Et de renchérir : « L’édition ne génère pas forcement des bénéficies. »

Toutes ces difficultés impactent la place du livre au sein de la société.

« Le livre n’est pas toujours présent dans les foyers. Il est réservé seulement à une élite », a-t-elle rappelé.

L’alphabétisation se présente alors comme un déficit auquel il faut, en urgence, remédier, palier.

Par ailleurs, si le livre peine à trouver largement sa place dans la société, c’est parce que, selon Aminata Sy, « l’Afrique est une zone orale, elle manque d’infrastructures de lecture. Tout cela génère des problèmes de rentabilité. »

Pour finir, elle a insisté sur la nécessité d’intégrer dans le plan du développement le secteur de l’édition.

Pour sa part, Abdoulaye Dialo, éditeur, a estimé que l’Etat est dans son devoir d’accompagner l’édition pour faciliter à rendre accessible la publication ».

« Il est important de créer des passerelles entre les éditeurs africains afin de rapprocher les lecteurs », a-t-il ensuite dit, et de poursuivre : « L’intérêt est de mettre en place un système de réseau, d’élargir le champ d’action et de construire des projets communs entre éditeurs africains. »

Sur un autre registre, Abdoulaye Dialo voit que « l’édition est un métier qui évolue ». « Aujourd’hui, nous sommes face au défi du numérique. Le livre, en question, ne va pas disparaitre, mais le support tend à céder sa place à l’électronique. Cette évolution est une évolution naturelle de la situation. Il suffit juste se préparer au changement, négocier la transition », a-t-il déclaré.

Quant à Seydou Nou Ndiaye, éditeur, s’est montré optimiste quant à l’avenir du livre.

« L’avenir du livre est rayonnant malgré les difficultés qu’il rencontre, car nous assistons à l’émergence de jeunes éditeurs bien formés dans le métier de l’édition et déterminé, ainsi qu’à des écrivains talentueux », a-t-il confié.

Pour ce qui est du livre numérique, il a estimé qu’il faudrait d’abord penser à « alphabétiser la société et lui offrir un environnement favorable à la lecture pour voir l’édition se développer ».

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