Bande dessinée algérienne

Accorder plus d’intérêt au 9ème art

 

La bande dessinée algérienne a fait l’objet d’un débat lors du 24ème Salon International du Livre d’Alger.

Différents intervenants, entre éditeurs et auteurs (Dalila Nadjem, Lazhari Labter, Salim Brahimi et Ameziane Ferhani), ont évoqué la réalité de la bande dessinée algérienne. Chacun a parlé de son expérience, mais tous se sont accordés à dire que « la bande dessinée est marginalisée ».

Pour Ameziane Ferhani, auteur, « on a un fort potentiel créatif, mais il n’est pas exploité à sa juste valeur ». Il a ajouté que « la bande dessinée algérienne est confrontée à des contraintes financières », alors que « le secteur de la B.D. peut donner lieu à une véritable industrie, rentable et durable ».

Quant à Dalila Nadjem, directrice des éditions Dalimen, elle a déploré « l’absence de librairies en mesure de donner de la visibilité aux B.D et à ses auteurs, la défaillance du secteur de la diffusion », chargé de faire connaitre ce type de littérature dans tout le territoire national.

Elle a, ensuite, regretté que « les éditeurs se montrent frileux envers la B.D. ».

« Les éditeurs algériens ne veulent pas prendre le risque à éditer la B.D, parce que c’est un créneau lourd, coûteux. Toutefois, il est porteur et générateur d’emploi », a-t-elle constaté.

Quant à Lazhari Labtari, auteur et éditeur, a déclaré : « Il y  a un réel désintéressement des auteurs de B.D. La B.D. est minorisée. En plus, elle n’est pas concernée par le fonds d’aide à la création octroyé par le ministère de la culture. »

Il a, par ailleurs, regretté qu’en dépit du succès du Festival international de la bande dessinée d’Alger, qui a relancé la B.D. algérienne, les éditeurs refusent toujours de s’investir dans ce créneau.

Pour Salim Brahimi, spécialisé dans l’édition du manga, « il est vrai que la B.D. est un produit coûteux, freine les éditeurs à se lancer dans le secteur, mais ce n’est pas une raison pour s’en désintéresser ».

« La B.D. est un beau investissement. C’est un art qui a ses propres caractéristiques. Ce sont des métiers ; chaque métier est un métier à part. Plusieurs acteurs interviennent dans la fabrication de la B.D. », a-t-il dit.

Les intervenants, pour finir, sont convaincus que la presse pourra jouer un rôle essentiel dans la relance de la B.D. à grande échelle et la rendre accessible à prix abordable

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