Fayçal Lahmar, auteur de «Dhamir el moutakalim», et Boumediene Belkebir, auteur de «Zenqat etaliane», ont évoqué leur expérience en tant qu’écrivain et ce, lors d’une rencontre lundi 28 mars, au stand Esprit Panaf, dans le cadre du 25ème SILA.

Fayçal Lahmar a confié que  l’écriture nait d’un besoin. «L’écrivain est motivé par une préoccupation intérieure  ou  cette nécessité de délivrer un message. On est confronté quotidiennement au réel, on voit des choses, on vit des situations et on éprouve ce besoin de les dire, de les représenter», a-t-il souligné.

«Il n’y a pas de réponse à la question de « pourquoi  écrire ? J’écris pour changer un vécu donné, mais j’ai réalisé que je ne pouvais pas changer le réel en tant qu’écrivain, donc j’écris à la recherche d’une humanité.», a soutenu, pour sa part, Boumediene Belekbir.

Selon les deux romanciers, chaque écrivain a ses propres habitudes et rites dans son travail d’écriture. Interrogés sur le processus de construction de leur personnage, Fayçal Lahmar et Boumediene Belkebir ont, tour à tour, répondu à la question.

«Je vis avec mes personnages, ils m’entourent, sont tous réunis dans un moment historique, liés par une réalité sociale donnée, ils sont indépendants les uns des autres, mais connectés par l’Histoire, tous portés par un tourbillon, par un mouvement qui les fait marcher, ils sont dynamiques et démonstratifs, toute cette dynamique les place dans des chemins qui évoluent dans l’esprit du lecteur.» a confié Fayçal Lahmar.

Et d’ajouter : «mes personnages bougent, évoluent tous seuls, agissent et parlent par eux-mêmes. Ils sont puisés dans le vécu. L’écrivain est comme un photographe qui fixe des moments du réel.»

«Mes personnages sont indépendants. En écrivant, j’essaie de m’effacer le plus loin possible derrière eux avec le souci d’ouvrir plus de voies et d’élargir le champ d’expression et d’agissement à mes personnages que je crée en m’inspirant de la réalité. J’essaie à chaque fois d’être juste et honnête envers eux. Je cherche toujours à les élaborer de façon constructive, équilibrée, équitable», a expliqué   Boumediene Belekbir.

«Je prends du temps à  construire  mes personnages afin de leur conférer un sens profond et une forte expressivité, m’étonnent, me surprennent tant ils sont originaux et authentiques», a-t-il poursuivi.

Pour Fayçal Lahmar, le roman est proposé comme un document à caractère anthropologique.

«Je m’emploie dans mes romans à réinventer la société, à lui donner une représentation d’un point de vue sociologique, anthropologique et même philosophique ; en écrivant, je recrée l’imaginaire algérien. Chacun de mes personnages est une composante identitaire ; mon roman, qui est une écriture expérimentale, est le reflet de l’identité algérienne», a-t-il soutenu.

Pour Boumediene Belkebir, le texte est ancré dans le temps et l’espace, dans un contexte culturel et historique. «Dans mon travail d’écriture, je consacre une grande importance à l’espace où se déroule la trame, car l’espace est une partie intégrante de mon texte, il est un élément identitaire, donne du sens au texte, l’identifie. L’espace est un personnage à part entière, reflète une culture, porte aux personnages des comportements et des valeurs ; l’espace agit sur le personnage de façon significative».