Une rencontre-débat sur  le thème « thriller, roman noir », au  pavillon central, au sein de  l’espace baptisé  « Italie au SILA 2022 », a été animée par Antonella Lattanzi, romancière, scénariste et  traductrice italienne.

Cette communication, modérée par Thouraya Ayad, journaliste et productrice de l’émission culturelle « La république des Arts » à la radio Chaîne III, nous a permis de découvrir Antonella Lattanzi, native de Bari ( Italie), 43 ans,  une « self-made-woman ».

Antonella Lattanzi débute en 2004 avec la publication d’un recueil de nouvelles, « Col culo scomodo », édité  en 2006 un essai consacré aux coutumes et au folklore de sa région natale, suivi d’un guide sur les mystères, secrets et légendes de la région des Pouilles. En 2010, elle publie « Devozione », son premier roman.

En 2013, elle est nommée au prix Stresa avec son deuxième  roman, « Prima che tu mi tradisca ». Elle livre un troisième roman en 2017, « Una storia nera » ( Une sombre affaire ). Ses oeuvres sont traduites dans 10 pays. Elle collabore avec Claudio Giovannesi  et  Filippo Gravino à l’écriture du scénario du film dramatique « Fiore » et avec Leonardo D’Agostini pour la comédie Il campione (Le Défi du champion), sorti en 2019.

Son dernier ouvrage s’intitule  « Questo giorno che incombe » avec  lequel, elle  sera   la récipiendaire  du  Prix Scerbanenco. Elle écrit régulièrement pour le quotidien « Corriere della Sera ».

Agréablement surprise de voir tant de visiteurs assister à  sa conférence, Antonella Lattanzi, confiera : «  je suis heureuse d’être, ici, dans votre ville, votre présence me touche, merci ! ». Commentant ses romans, elle détaillera : « Questo giorno che incombe »,est un titre s’inspirant de  Shakespeare. C’est  l’histoire d’une  mère déménageant de Milan à Rome où tout bascule bizarrement. Elle pense qu’elle déprime. « Une  sombre histoire », le seul livre traduit en français, est l’histoire d’un mari violent et un  femme battue qui laisse tout choir pour retrouver un refuge, la paix…

Son mari  sera retrouvé mort et puis surgit son ex-femme, qui est un personnage central de l’intrigue… «Une sombre histoire», est  un  thriller, s’inspirant d’un fait divers. Un jour, une fillette disparaît… J’ai fantasmé sur mon enfance. Je suis une férue de faits divers, de  ce qui se passe dans la société, autour de moi… », explique la romancière.

A propos de sa  deuxième  casquette de scénariste et  de  la différence entre l’écriture scénaristique et littéraire, Antonella Lattanzi  révèlera « En littérature, c’est l’auteur qui fait tout et décide tout, tout seul, en solitaire. C’est le roman. C’est cette  liberté de  rêver et d’extrapoler. Au cinéma, le scénario diffère. C’est le réalisateur qui  décide  de  tout  en échangeant  avec les autres, les acteurs, des techniques du  processus filmique… », a-t-il dit.

Et de poursuivre :  « Je viens d’écrire le scénario à partir de mon livre  « Une sombre  affaire ». Maintenant, on cherche des acteurs qui vont s’exprimer avec  les mots  que  j’ai écrit, j’en suis ravie. Quand  j’écris je pense  en  image, je me déplace sur le plateau de tournage pour vérifier la fidélité à mon roman. Pour écrire un roman, cela me prend quatre ans, c’est un long chemin. Il est compliqué  de créer des  personnages. Il  ne  faut  pas changer  pour  changer, il faut  suivre  la  chronologie et  la structure…Vous  savez,  j’ai vu le film culte de Gillo Pontecorvo, « La Bataille d’Alger ».  Je suis tombée  amoureuse  de  l’Algérie».