Les petits de décembre (roman, 252 pages)  de Kaouther Adimi  

Cité du 11-Décembre, Dely Ibrahim, Alger, février 2016. Tout commence par un affrontement entre deux généraux et une poignée de gamins sur un terrain vague : les premiers le convoitent pour y construire leur villa, les seconds le défendent parce que c’est leur terrain de foot, le territoire de leur liberté. En quelques semaines, un bras de fer s’installe, qui culminera dans la révolte dite « des petits de Décembre ». Dans un style vif et alerte, flirtant parfois avec le burlesque, Kaouther Adimi fait défiler une savoureuse galerie de personnages : Inès, Jamyl et Mahdi, pré-adolescents intrépides ; Adila, la très moderne ancienne moudjahida ; les généraux Athmane et Saïd, ivres de leur impunité ; mais aussi la fameuse « folle aux cheveux rouges », fascinante Pythie de la cité…En plus d’être une satire féroce, explorant efficacement l’histoire de l’Algérie contemporaine, ce roman est une réflexion douce-amère sur l’impossible dialogue entre générations, et le saccage, par les adultes, des rêves de l’enfance. Un texte hommage à l’innocence perdue. Prix : 800 DA.

Les ailes de Daouya (roman, 204 pages) de Rabia Djelti 

C’est l’histoire d’une « femme puissante », celle de Daouya, qui, initiée par sa grand-mère Hanna Nouha, a pour mission de sauver le monde. Voyageant entre Oran, Damas et Paris, témoin privilégié de la folie des hommes, Daouya, toujours enveloppée dans son mystérieux manteau marron (mais que dissimule-t-elle ainsi ?) rencontre, au gré de ses pérégrinations, des femmes de différents profils, au parcours chaotique, toutes libres et combatives : d’Oum El- Kheir la trabendiste à Nezha la journaliste et écrivaine, de Sapho la prostituée à Ibtissem l’exilée syrienne (…). Ce roman d’anticipation, où le réel le dispute au fantastique, délivre un message de paix et d’amour. Il défend une utopie : que la poésie, la musique, l’art sauvent l’Humanité, et il se lit comme une ode à la femme ainsi qu’à la création. Prix 800 DA.

Cher Gabriel (récit, 176 pages) d’Halfdan W. Freihow 

Cher Gabriel est une lettre intime et émouvante d’un père à son fils autiste. Avec beaucoup d’amour, de dignité, et un réel espoir, H.W. Freihow met en lumière une relation complexe et un amour inconditionnel. Son récit prend pour écrin une maison familiale nichée sur les pentes verdoyantes et sauvages de la côte norvégienne. C’est aussi une illustration sensible et touchante de la difficulté de communiquer, une ode au dialogue délicat, nécessaire et passionnant entre parents et enfants. Halfdan W. Freihow est Norvégien. Il est né à Mexico et a partagé ses années de jeunesse entre la Norvège, l’Espagne et la Belgique. Il a d’abord travaillé comme reporter, traducteur et critique littéraire avant de cofonder la maison d’édition norvégienne Font Forlag. De l’exploration de sa vie intime et familiale est né son premier récit, Cher Gabriel, nominé pour le prestigieux prix Brage (2004).Prix : 700 DA.

Mahmoud Darwich. Rien qu’une autre année. Anthologie poétique 1966-1982 (poésie, 222 pages), traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi 

« Ainsi je n’ai jamais vu un artiste, dont l’œuvre chante autant que celle de Mahmoud, écouter si peu de musique, un artiste aux magnifiques métaphores, s’attarder si peu devant une belle toile, tout comme je n’ai jamais vu un poète résonner autant à l’écoute des autres poètes, de quelque langue qu’ils vinssent. J’ai même vu plus que cela, le poète résonner à l’écoute de poèmes dont il ne connaissait pas les langues et nous stupéfier lorsqu’il disait ce que l’écoute lui avait inspiré. Mahmoud a choisi la terre du poème, y a élu demeure et a traversé la vie à préserver son langage tout en tentant de tordre le cou à sa langue, à la défier et lui prêter allégeance simultanément. »  Elias Sanbar. Prix : 700 DA.

M’Quidèch 1969-2019. Une revue, une équipe, une école (beau-livre, 248 pages) de Lazhari Labter  

Cet ouvrage n’a la prétention d’être ni un travail d’historien ni une étude de chercheur universitaire. Il se veut avant tout une œuvre de vulgarisation, de sauvegarde d’une mémoire et d’un patrimoine, destiné à tous les fans de la bande dessinée et d’encouragement à tous les bédéistes professionnels et amateurs, connus ou inconnus, pour qui le 9e art doit s’imposer de nouveau en Algérie comme un art majeur. Prix : 1500 DA.

Alger, capitale de la révolution : de Fanon aux Black Panthers (mémoires, 256 pages) d’Élaine Mokhtefi 

La trajectoire d’Élaine Mokhtefi, jeune militante américaine, a, dès la guerre d’Algérie et pendant deux décennies, épousé celle de la cause algérienne. Ce combat la mène à New York, au siège des Nations unies avec la délégation du FLN ; à Accra, aux côtés de Frantz Fanon pour la conférence de l’Assemblée mondiale de la jeunesse ; à Alger, enfin, où elle atterrit en 1962, quelques semaines après l’indépendance. Elle y restera jusqu’en 1974. Journaliste, interprète et organisatrice efficace, elle assiste, remplie d’espoir, aux premiers pas de la jeune République, accueille les Black Panthers en exil et participe à mettre sur pied le Festival panafricain d’Alger. Ses mémoires témoignent de l’effervescence des luttes anticoloniales des années 1960, vécue dans l’intimité des grandes figures de l’époque – Ben Bella, Castro, Eldridge Cleaver –, dans une ville qui a gagné avec sa liberté des allures de capitale de la révolution mondiale. Prix : 800 DA.