Nouveau livre de Waciny Laredj

Hommage aux gitans et à Oran  

 

« Les gitans savent aimer », un roman signé Waciny Laredj et paru aux éditions ENAG, a fait l’objet d’un débat en présence de l’auteur, dimanche, dans le cadre du SILA.

A propos du titre, Waciny Laredj a répondu : « Dans l’esprit des gens, les gitans n’ont pas de sentiments. Tous croient qu’ils sont un peuple anarchique, sans manières ni éducation. Or, ils ont un avis, qui leur est propre, sur la vie. Ils ont leur propre vision de la liberté. Pour eux la liberté ne signifie pas l’anarchie. »

Waciny laredj a expliqué qu’il cherchait à exercer la pression sur les lecteurs. « Je voulais qu’ils fassent partie du roman, qu’ils vivent l’histoire du roman, qu’ils ressentent ce qu’ils ressentent les personnages », a-t-il dit.

L’auteur a, par ailleurs, déclaré que son roman est un hommage aux gitans en générale et à ceux d’Oran en particulier. « Les gitans, avec leur culture et leurs traditions, avaient une forte visibilité social dans Oran. Ils avaient conservé leur histoire et leur identité. L’histoire des gitans est douloureuse et oubliée parce qu’ils ont été déportés et tués lors de la Seconde guerre mondiale. Je voulais corriger l’image négative que les gens ont sur les gitans. Je voulais leur rendre hommage. »

Waciny Laredj s’est interrogé : « Pourquoi l’humanité s’est tu devant ce crime commis à l’encontre des gitans ? ». Il a regretté que « les gitans sont les oubliés de l’histoire ».

Dans un autre registre, Waciny Laredj a expliqué que son roman comprend plusieurs niveaux de lecture.

« Je parle d’Oran et de ses monuments. C’est un hommage à cette ville », a-t-il dit. A ce sujet, l’intervenant a regretté que la ville, riche de son patrimoine et de son histoire, subisse un effacement de sa mémoire. « Des lieux de mémoires sont détruits, des pans entiers d’histoire sont rasés », a-t-il déploré, et d’enchainer : « Un peuple sans mémoire est un peuple voué à la mort. ».

Il a, en outre, ajouté que son roman évoque la cohabitation linguistique (arabe, espagnol, français et maltais) et également la tolérance religieuse (islam, christianisme et judaïsme) dans les années 1950 à Oran.

 

 

Yacine Idjer