Mohamoud Belaid

Passionnément chaâbi

Mohamoud Belaid est un passionné de musique chaâbi. Il vient de publier aux éditions Dar Khettab un livre consacré à sa passion. Il a pour titre « Musique chaâbi ».

Parlez-nous de vous.

Je suis un passionné de musique chaâbi. Je suis ingénieur de formation. J’ai toujours baigné dans cet art. Je ne suis pas un musicien, mais plutôt un mélomane. J’ai appris à jouer de l’instrument juste pour le plaisir, mais pas pour en faire un métier

D’où vous vient cette passion pour le chaâbi ?

Ça vient des fréquentations, du fait, peut-être, que je viens d’El Biar. C’est simplement une passion qui est venue toute seule. Et c’est cette passion qui m’a amené à collecter toutes ces informations et connaissances qui font, aujourd’hui, l’objet du livre. C’est un travail de toute une vie.

Donnez-nous un aperçu sur votre livre.

Le livre est écrit par un ingénieur. Il y a donc une démarche scientifique et méthodologique. Je démontre à travers mon livre que le chaâbi est une musique rigoureuse, et que cette musique peut s’écrire et être codifiée, qui peut aussi se conserver et évoluer. Une musique qui peut se transmettre en suivant un enseignement mélodique et poétique, et une démarche méthodique. Je démontre aussi que le chaâbi est une musique universelle, qui a ses fondements. Je cherche également à expliquer que le chaâbi n’est pas qu’une chanson. C’est une musique qui a ses règles et ses principes.

Quel constat peut-on faire aujourd’hui sur le chaâbi ?

D’une part, ceux qui le chantent, je parle de la nouvelle génération, ne le prennent pas assez au sérieux. D’autre part, nos pouvoirs publics font des choses, mais ils ne lui accordent pas la place qu’il mérite. Ils le négligent. Mon rêve, voire mon souhait est qu’on créé une association, pourquoi pas une fondation dont la mission consiste à préserver le chaâbi.

Quelle est la place du chaâbi dans notre paysage musical ?

Elle est énorme. C’est une musique populaire. Mais ça reste invisible. Des concerts sont organisés et drainent un grand public, mais qui manquent malheureusement de visibilité médiatique.