La négritude

Valorisation de l’esprit créatif africain  

Une conférence abordant le thème de la négritude a eu lieu, mardi, dans le cadre des activités culturelles, au stand du Sénégal, invité d’honneur à cette 24ème édition.

La négritude est un courant littéraire, artistique et politique, créé durant l’entre-deux-guerres, dont Léopold Sedar Senghor constitue l’une des figures de ce mouvement. Elle a pour objectif de mettre en avant l’homme noir, donc africain, en tant que sujet-pensant et sensible au beau, agissant sur le monde. Elle est la mise en valeur des cultures et des civilisations des peuples noirs. C’est une prise de conscience de l’appartenance à cette culture et à cette histoire spécifique.

Pour Alioune Badiane, universitaire, a expliqué que « la négritude est toujours d’actualité. Elle est plurielle et touche à tous les domaines de la culture, des arts et de l’histoire ».

Selon l’intervenant, elle consiste en « une démarche pertinente pour se réapproprier de notre héritage culturelle et conscience collective historique ».

Son champ d’investigation, c’est « la recherche du bonheur, la liberté, la démocratie, le panafricanisme… ». Elle est la valorisation de l’esthétique africaine.

Pour lui, « l’esthétique est portée par les lettres, les arts et le patrimoine ».

La négritude, selon le conférencier, est une manière de « défendre les valeurs civilisationnelles africaines et les assimiler à nos besoins d’épanouissement ».

Toujours selon Alioune Badiane, avec la négritude, c’est « démontrer et illustrer les capacités des peuples africains » ; c’est « mettre en valeur les œuvres créatrices de l’esprit » ; c’est « trouver une raison de confiance et de fierté ».

La négritude, approfondie à chaque génération, est à la fois « un enracinement et une ouverture ». « Elle fait ériger la création culturelle », a-t-il dit.

Depuis sa création, « le Sénégal est resté fidèle à la présence africaine par le biais de la négritude ».

De son côté Abdoulaye Racine Senghor, professeur de lettres, a évoqué Léopold Sedar Senghor.

« Léopold Sedar Senghor ne laisse pas indifférent. Il était à la fois un homme politique et une figure littéraire, mais il préférait le visage des lettres », a-t-il dit, et d’ajouter : « C’était un homme d’action, un fervent militant. Outre sa carrière politique, il avait une importante production littéraire. Il était à la fois penseur, philosophe, poète, théoricien, critique littéraire et d’art. L’œuvre de Léopold Sedar Senghor reste d’actualité. »