
Présent à la 29e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado Pascua, souligne l’importance du livre et de la traduction dans le rapprochement des cultures. Dans cet entretien, il revient sur les échanges littéraires entre l’Algérie et l’Europe, les perspectives offertes par le programme Erasmus+ et la volonté de renforcer la mobilité des étudiants et des jeunes chercheurs dans les deux sens. Il évoque également les initiatives culturelles européennes organisées dans différentes villes algériennes.
Le Salon international du livre d’Alger est un important rendez-vous littéraire. En quoi le livre et la culture constituent-ils des passerelles privilégiées pour renforcer les relations entre l’Algérie et l’Union européenne ?
Je pense que la littérature nous rapproche et nous permet de prendre conscience de tout ce que nous avons en commun. La traduction joue également un rôle essentiel dans ce rapprochement. Le SILA accorde une grande importance à la traduction, et je trouve cela particulièrement intéressant. En Algérie, on peut écrire en arabe, en arabe dialectal, en français, en tamazight ou dans d’autres langues. Grâce à la traduction, nous pouvons découvrir les œuvres produites dans ces différentes langues et accéder à d’autres univers littéraires. Le Salon international du livre d’Alger constitue ainsi un très beau moment de rencontres et d’échanges.
Comment l’Union européenne entend-elle soutenir concrètement la traduction et la circulation des œuvres littéraires entre les auteurs algériens et européens ?
Comme je le soulignais, la traduction est essentielle, car elle permet à chacun de s’exprimer dans sa propre langue tout en donnant aux autres la possibilité de découvrir ses œuvres dans une langue qu’ils comprennent. L’Europe est particulièrement attachée à cette question. L’Union européenne compte 27 États membres et 24 langues officielles. Vous imaginez donc à quel point la traduction est fondamentale pour nous. C’est pourquoi notre partenariat avec l’Algérie comprend également un important travail autour de la traduction, qui constitue un véritable instrument de dialogue et de rapprochement culturel.
Le stand de l’Union européenne met notamment en avant le réseau EU Jeel Connect et le programme Erasmus+. Quelles sont vos priorités pour renforcer la mobilité des étudiants et des jeunes chercheurs entre l’Algérie et l’Europe ?
Erasmus+ est l’un des plus grands programmes de mobilité destinés aux étudiants. De nombreux jeunes Algériens y participent et ont ainsi la possibilité de poursuivre une partie de leur parcours universitaire en Europe. Mais nous souhaitons également que davantage de jeunes Européens viennent en Algérie. Notre objectif est de favoriser une mobilité dans les deux sens, voire une mobilité croisée. L’essentiel, ce sont les échanges et les rencontres. Erasmus+ contribue précisément à renforcer ce dialogue et à consolider les passerelles entre nos sociétés. Nous organisons également des rencontres à Alger avec des étudiants européens présents en Algérie dans le cadre de ce programme. Il reste beaucoup à faire, mais nous disposons de moyens importants pour développer ces échanges.
Face à l’engouement de la jeunesse algérienne pour le SILA, comment l’Union européenne et le réseau EUNIC envisagent-ils de développer leurs activités culturelles dans les différentes wilayas du pays, afin de toucher un public plus large ?
Nous menons déjà plusieurs activités culturelles, notamment à travers le festival du cinéma que nous organisons chaque année. Nous développons également des manifestations musicales dans différentes villes, et nous souhaitons aller encore plus loin. J’espère d’ailleurs que notre prochaine activité sera consacrée au jazz à Constantine. À Oran, nous organisons également des événements autour du cinéma et de la musique. Nous sommes aussi présents au Festival du cinéma de Béjaïa. Nous essayons, à travers notre programmation, de diversifier nos initiatives et de toucher des publics toujours plus larges, dans différentes régions du pays.