Rôle de la littérature dans le combat libérateur..Hamdi Yahdih : « La plume sahraouie, une arme au service de la liberté »

Rencontré à l’issue de la rencontre littéraire, Hamdi Yahdih revient dans cet entretien sur le rôle de la littérature dans le combat libérateur, la dimension historique et anthropologique de la composante du peuple ainsi que le souffle apporté par la nouvelle génération d’écrivains sahraouis.

En quoi la littérature peut contribuer à maintenir vivante la cause du Sahara Occidental ?

La littérature sahraouie est intimement liée à la résistance. Depuis le début de la colonisation, les écrivains sahraouis ont choisi la plume comme arme. Le livre, la presse et les différents arts ont toujours accompagné le combat du peuple pour son indépendance. L’une des particularités de nos écrivains et intellectuels est que tous leurs ouvrages gravitent autour de la cause nationale. Aucun auteur sahraoui, homme ou femme, n’a écrit sur la romance ou le voyage. Tout ce qui a été produit aborde, d’une manière ou d’une autre, le militantisme, la mémoire, la souffrance ou l’exil. C’est une littérature de résistance, ancrée dans la réalité d’un peuple qui refuse l’oubli.

Vous avez évoqué le facteur humain, notamment Sakia El Hamra et l’héritage des Sanhadjas. En quoi ces éléments renforcent-ils le discours de résistance ?

Il y a là une dimension historique et anthropologique essentielle. Entre arabes, amazighe et Sanhadjas, tribu présente en force au Sahara Occidentale, sont unis par un même destin et un même idéal : celui de la liberté.
Tous partagent une cause commune, celle de la libération de Sakia El Hamra et du recouvrement de la souveraineté de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Cette unité ethnique et spirituelle constitue une force qui nourrit le discours de résistance.

La jeune génération d’écrivains sahraouis apporte-t-elle un nouveau souffle à cette littérature engagée ?

Oui, absolument. Les jeunes ont repris le flambeau de leurs aînés avec une grande créativité. Ils ont élargi les formes d’expression du militantisme, notamment à travers les réseaux sociaux et les supports numériques. Cette génération témoigne de la vitalité et de la modernité du combat sahraoui. Elle prouve que la résistance s’adapte à son époque, sans jamais trahir ses fondements : la dignité, la mémoire et l’attachement à la terre.