Ahmed Bensaada : « Le recoupement des sources est au cœur de mon travail »

Rencontré en marge de la conférence intitulée « Où va le monde ? », organisée jeudi 29 octobre dans le cadre du Salon international du livre d’Alger (SILA), le chercheur et écrivain algérien Ahmed Bensaada a répondu à nos questions sur les mutations de l’ordre mondial, les marges de manœuvre de l’Algérie et les méthodes d’investigation utilisées dans ses recherches sur les réseaux d’influence politique.

Comment l’Algérie peut-elle renforcer son ancrage africain tout en s’adaptant au nouvel ordre mondial hybride évoqué lors de la conférence ?

Auparavant, certains pays privilégiaient le principe du non-alignement, tandis que d’autres choisissaient de s’aligner sur des puissances ou des blocs. Aujourd’hui, dans ce système hybride dont les contours ne sont pas encore clairement définis, nous disposons d’une plus grande flexibilité dans nos choix, qu’ils soient politiques, économiques ou autres.

Votre dernier ouvrage porte sur les réseaux d’influence pro-israéliens au sein du pouvoir français. Comment collectez-vous les données et analysez-vous les stratégies de communication et d’influence politique, souvent discrètes, voire opaques ? Quelle méthode adoptez-vous pour étudier ces réseaux et évaluer leur influence sur les décisions politiques ?

Dans tous mes travaux, je m’efforce d’exploiter les sources publiques disponibles et de recouper les informations. Je m’appuie principalement sur des articles de presse, des revues, des vidéos, des entretiens, ainsi que sur les déclarations de responsables politiques. En réunissant le maximum d’informations et en les confrontant, nous pouvons mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre. Pour mon dernier ouvrage, ELNET, le lobby israélien au cœur du pouvoir français, j’ai utilisé plus de 1 100 références. Ce travail m’a demandé deux années de recherche, consacrées à la collecte des données, à leur analyse et à leur recoupement. Toutes les informations présentées dans cet ouvrage sont référencées.