
D’Apulée à Fanon : l’Algérie, une histoire universelle
En marge de la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger, un colloque international intitulé « L’Algérie dans la civilisation » se tiendra le 4 novembre prochain, de 9h30 à 13h30, à l’hôtel Aurassi.
Des universitaires, académiciens et écrivains algériens et étrangers de renom prendront part à cette rencontre destinée à mettre en lumière la place de l’Algérie dans la civilisation universelle. Il s’agira notamment de valoriser la créativité culturelle du pays à travers son patrimoine matériel et immatériel, ses vestiges et ses inscriptions, tout en rappelant que les penseurs algériens ont façonné des textes et des savoirs dont l’influence demeure présente dans la pensée humaine contemporaine.
Les organisateurs soulignent que de nombreux savants algériens ont rayonné bien au-delà de leurs frontières, diffusant leur savoir dans le monde arabe, en Afrique et en Occident, devenant ainsi des références dans les domaines de la science, de la littérature, de la pensée et de la religion. « Cette idée est renforcée par le fait que notre culture et notre patrimoine sont caractérisés par le dialogue et l’ouverture : ils ont influencé et ont été influencés, ils ont donné et ont reçu. Par conséquent, la revivification de ces caractéristiques civilisationnelles contribue à relier les générations à leur passé glorieux et à en tirer fierté. Cela affirme que le dialogue avec les autres cultures consolide les valeurs humaines, ce qui n’est possible que par l’effort et la créativité. C’est le bastion imprenable de l’unité nationale et de l’identité inclusive », peut-on lire dans la note de présentation du colloque.
L’Algérie se revendique en effet comme terre d’intellectuels et de bâtisseurs, ayant vu naître des figures aussi illustres que Saint Augustin, Lucius Apollonius, Jugurtha, Juba II ou encore Massinissa. Sa contribution à la pensée universelle s’étend à la spiritualité, à la lutte pour la dignité humaine et à la diffusion du savoir, à travers des érudits comme Abou Yaqoub al-Warjjalani, Ibn Khaldoun ou Abdalkarim al-Maghili. Les grandes écoles de Tiaert, Béjaïa, Mazouna, Tlemcen, Tawat et Ghardaïa ont, elles aussi, brillé par la qualité de leurs maîtres et par leur rayonnement intellectuel, porté notamment par Al-Tijani, l’émir Abdelkader ou encore Ibn Badis.
Durant le mouvement national, des plumes majeures comme Frantz Fanon, Mohamed Chérif Saheli, Mohammed Dib, Kateb Yacine et Moufdi Zakaria ont incarné cette pensée algérienne en lutte, associant l’exigence littéraire au combat pour la liberté et la dignité. Après l’indépendance, d’autres figures telles que Mostefa Lacheraf, Abdelhamid Benhedouga, Malek Bennabi, Mohamed Arkoun, Tahar Ouettar ou Assia Djebar ont poursuivi cette quête intellectuelle, faisant de la réflexion et de la création les piliers d’une Algérie moderne et universelle.
À travers cette rencontre, le ministère de la Culture et des Arts entend mettre en valeur la stature mondiale de l’histoire et de la civilisation algériennes, célébrer la pensée dans toute sa diversité et rappeler la contribution du pays à l’humanité, qu’il s’agisse de la défense de la liberté, de la dignité ou des valeurs spirituelles. Le colloque abordera également la place de l’Algérie dans le dialogue interculturel et l’ouverture sur le monde, tout en insistant sur la dimension locale dans la création artistique et littéraire.
La cérémonie d’ouverture sera marquée par une allocution du commissaire du Salon international du livre d’Alger, Mohamed Iguerb, suivie de l’intervention de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda. Les débats s’annoncent riches et denses, portés par des universitaires et penseurs venus d’Algérie, du monde arabe, d’Afrique et d’Europe, décidés à interroger la place de l’Algérie dans la grande histoire de la civilisation humaine.