Croisements culturels autour de la table Algérie–Arabie saoudite : des traditions et des saveurs en partage

La salle Tahar-Ouettar a accueilli, dans l’après-midi du troisième jour du Salon international du livre d’Alger (SILA 2026), une conférence consacrée aux liens culturels et gastronomiques entre l’Algérie et l’Arabie saoudite, sous le thème « La cuisine saoudo-algérienne : croisements culturels autour de la table ». Animée par Mohammed Alhamadi, la rencontre a eu pour principal intervenant le Chef et docteur Abdesamad Alhoussawi, enseignant universitaire fort de trente années d’expérience.

Au cours de son intervention, le chef saoudien a mis en lumière la richesse du patrimoine culinaire de son pays ainsi que la place qu’occupe la gastronomie dans la culture et l’identité nationales. Selon lui, la cuisine constitue un patrimoine vivant, révélateur des comportements humains. Elle exige une sensibilité particulière, intimement liée à l’état d’esprit de celui qui prépare les plats, mais aussi à la finesse des cinq sens, notamment l’odorat et le goût. « Cuisiner en Arabie saoudite comme en Algérie est un marqueur d’identité et de culture », a souligné le conférencier, évoquant également les efforts déployés par les ministères de la Culture des deux pays pour préserver ce patrimoine et favoriser sa reconnaissance auprès de l’UNESCO. Au fil d’un échange sous forme de questions-réponses, le docteur Alhoussawi a passé en revue les différents points de convergence entre les traditions culinaires algériennes et saoudiennes.

Des similitudes géographiques et naturelles

Les deux pays partagent plusieurs caractéristiques géographiques et naturelles qui contribuent à la diversité de leurs traditions gastronomiques. Leurs vastes territoires, leurs espaces sahariens, leurs reliefs montagneux et leurs façades maritimes constituent autant de facteurs favorisant la richesse des spécialités régionales. Le conférencier a toutefois relevé que certaines villes saoudiennes, notamment La Mecque et Djeddah, ainsi que les lieux de pèlerinage, se distinguent par une grande diversité culinaire internationale. La présence de communautés étrangères y favorise la diffusion de traditions gastronomiques variées, notamment pakistanaises et asiatiques, ainsi que de cuisines contemporaines.

Religion et société, vecteurs de transmission des traditions

La cuisine occupe une place importante dans l’histoire des peuples, tandis que la religion constitue l’un des principaux vecteurs de transmission et de préservation des traditions culinaires. À ce titre, le conférencier a évoqué les plats emblématiques du mois sacré de Ramadan, dont certains rappellent les habitudes culinaires algériennes, notamment la chorba et les samboussas, ainsi que la place du café dans les moments de convivialité. Les célébrations de l’Aïd représentent, elles aussi, des occasions privilégiées de transmission et de préservation du patrimoine gastronomique.

L’hospitalité, une valeur commune aux deux peuples

« L’hospitalité constitue une autre valeur commune aux deux sociétés et contribue directement à la sauvegarde des traditions culinaires », a expliqué le conférencier. Recevoir des invités, leur proposer des spécialités locales et perpétuer les pratiques d’accueil, parfois pendant plusieurs jours, témoignent de cette culture du partage. En Arabie saoudite comme en Algérie, le thé et le café occupent une place centrale dans ces moments de convivialité. Si le café saoudien se distingue par ses épices, le café algérien est souvent servi accompagné de gâteaux et de dattes. Les similitudes ne se limitent pas aux pratiques sociales. Les productions agricoles communes, notamment le blé, les céréales et les agrumes, contribuent également aux rapprochements entre les deux patrimoines culinaires.

Un échange enrichissant avec le public

La rencontre a suscité l’intérêt du public, particulièrement curieux de découvrir les spécialités emblématiques de l’Arabie saoudite et les plats préparés dans le Royaume selon les saisons et les différentes périodes de l’année. Les échanges ont notamment permis d’évoquer plusieurs préparations traditionnelles, à l’image de la kabsa et du boukhari, ainsi que leur place dans les habitudes alimentaires saoudiennes. Le rôle des associations et de la société civile dans la sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine a également été abordé. Au-delà des recettes et des saveurs, cette conférence a mis en évidence les liens étroits entre gastronomie, identité et mémoire collective. Elle a rappelé que la cuisine constitue un langage culturel universel, capable de rapprocher les peuples et de faire vivre, autour de la table, les valeurs de partage, d’hospitalité et de fraternité communes à l’Algérie et à l’Arabie saoudite.