
Le Haut Conseil de la langue arabe mise sur l’ouverture et la coopération avec les institutions locales pour faire entrer la langue arabe dans l’ère numérique.
Le Haut Conseil de la langue arabe collabore-t-il avec des compétences locales, notamment l’École supérieure d’intelligence artificielle, dans sa stratégie de numérisation ?
Oui. Nous suivons de très près ce domaine. Cette année, le lauréat du Prix du Groupe mondial Roi Salman pour la langue arabe est Ahmed Miloud Kharzi, diplômé de l’Université de Sidi Bel Abbès, avec qui nous avons pris contact pour une future collaboration.
Nous cherchons constamment à partager les savoirs et les expériences avec diverses institutions et entreprises, afin que tout le monde en bénéficie. Le Haut Conseil de la langue arabe n’est pas une institution fermée sur elle-même. Contrairement à ce que certains pensent, nous ne travaillons pas uniquement en arabe. L’arabe est notre base et notre fondement, mais nous la développons à travers la numérisation et dans un esprit d’ouverture au multilinguisme.
Appartenir au monde arabe est une fierté, mais il est indispensable de maîtriser les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, qui nous permet de mieux contrôler les outils techniques et d’adapter la langue aux réalités contemporaines.
Au-delà du travail lexicographique, comment l’intelligence artificielle peut-elle servir la langue arabe en Algérie ?
Comme la civilisation arabe fut jadis pionnière dans les sciences, nous devons aujourd’hui nous inspirer de cet héritage, tirer parti des expériences passées et évoluer pour gagner du temps. L’intelligence artificielle est un levier stratégique pour cette évolution.
L’ère du papier est désormais révolue : nous entrons dans une nouvelle phase technologique. Certains prédisent même la disparition des bibliothèques traditionnelles d’ici à 2030. C’est pourquoi nous travaillons déjà à concevoir les « bibliothèques du futur ».
Lors de ce Salon international du livre d’Alger, plusieurs stands présentent des exemples de ce que pourraient devenir ces espaces numériques d’ici quelques années. Pour le Haut Conseil de la langue arabe, la priorité est de développer et perfectionner sa plateforme numérique, en l’adaptant aux spécificités structurelles et linguistiques de l’arabe.