
La grande salle de conférence, Assia Djebar ,du Salon international du livre d’Alger (SILA) a accueilli une conférence vivante et conviviale autour de deux questions simples en apparence, mais essentielles : Que lisez-vous ? et Qu’écrivez-vous ? Deux auteurs algériens, Abdelkader Berghout et Aïcha Bouiba, y ont livré leurs réflexions sur le rapport intime entre lecture et écriture.
Lauréat du Prix Mohammed Dib 2025 (langue arabe) pour son roman Sirat mawta lam yabkihim ahad, Abdelkader Berghout a mis en avant l’importance de l’imaginaire créatif dans la construction romanesque. Selon lui, une œuvre de qualité naît d’un univers intérieur riche, capable d’emporter le lecteur. « Avant d’être un auteur, on est d’abord un lecteur », rappelle-t-il, insistant sur le rôle fondateur de la lecture dans la formation de tout écrivain.
Revenant sur sa propre expérience, l’auteur de Montagnes de henné, lauréat du Prix Ali Maachi 2009, confie :
« Enfant, je lisais surtout des contes et des récits que je puisais dans l’entourage familial, avant de découvrir à l’adolescence les romans, la poésie et d’autres genres. »
À la question du passage du lecteur à l’écrivain, il répond que « ce basculement se fait naturellement, presque spontanément, mais toujours après qu’une accumulation de lectures a façonné la personnalité de celui qui écrit ».
Il estime également qu’écrire est un acte de responsabilité : « Écrire, c’est transmettre un message. C’est aussi une forme de plaisir, une jubilation intellectuelle où l’auteur trouve la liberté et la passion du jeu. »
De son côté, Aïcha Bouiba, romancière et poète originaire d’Adrar, a évoqué sa préférence pour la lecture scientifique :
« J’éprouve une réelle passion pour les livres de sciences et de psychologie. Mais lorsque je prépare un projet d’écriture, je me tourne vers les ouvrages d’histoire, car je m’appuie sur la vérité scientifique et la véracité des faits historiques. »
L’autrice a également exprimé son inquiétude face à « l’avancée fulgurante des supports numériques » dans le monde de l’édition, estimant qu’ils contribuent à affaiblir la place du livre dans la société.
Elle garde toutefois espoir : « Je reste optimiste en voyant l’affluence que connaît encore une fois le SILA. Le livre résiste, et c’est ce qui compte. »