Rencontre au 28ᵉ Salon international du livre d’Alger .. Le 1er Novembre, matrice des droits de l’Homme en Algérie

Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Abdelmadjid Zaâlani, a affirmé samedi, au Salon international du livre d’Alger (SILA), que la Révolution algérienne du 1er Novembre 1954 portait déjà, dans son essence même, les principes universels des droits de l’Homme — et ce, bien avant qu’ils ne soient consacrés à l’échelle mondiale.

Lors d’une rencontre intitulée « 1er Novembre 1954 et droits de l’Homme », tenue dans la grande salle Assia Djebar, le président du CNDH a déclaré :

« La Déclaration universelle de 1948 parlait des droits de l’Homme, mais elle excluait encore les peuples colonisés. Le 1er Novembre, lui, a été un acte fondateur d’humanité, une revendication du droit à la dignité, à la liberté et à l’égalité. »

Juriste et professeur de droit pénal depuis près d’un demi-siècle, Zaâlani a livré une intervention à la fois historique et intime. Revenant sur ses souvenirs d’enfance, il a évoqué les bombardements au napalm dans les Aurès et la dure réalité de la colonisation :

« J’ai vu de mes yeux les villages brûler. Le peuple algérien a souffert, mais n’a jamais perdu foi en la justice », a-t-il témoigné.

Pour lui, la Révolution du 1er Novembre n’était pas « une guerre contre un peuple », mais « une exigence morale contre un système d’injustice ». Les rédacteurs du texte fondateur, rappelle-t-il, avaient lancé un message universel :

« Nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la reconnaissance de notre humanité » — un appel qui rejetait clairement, selon lui, « la violence pour la violence ».

Abdelmadjid Zaâlani a également établi un lien direct entre les idéaux de la Révolution et les missions actuelles du Conseil national des droits de l’Homme. Il a insisté sur la place centrale du citoyen dans la défense de ses droits :

« Tout Algérien peut saisir le CNDH lorsqu’il estime que ses droits sont bafoués. Notre rôle est d’écouter, d’analyser et de chercher des solutions concrètes. »

Il a par ailleurs mis en avant le service de médiation du Conseil, destiné à traiter les réclamations en cas de silence ou de blocage administratif, précisant que

« l’essentiel est que le citoyen ne se sente jamais seul face à l’injustice ».

En conclusion, Zaâlani a rappelé que la Révolution du 1er Novembre reste le socle moral et politique de la société algérienne contemporaine :

« Le 1er Novembre n’a pas seulement libéré un pays, il a libéré une idée : celle de la dignité humaine comme valeur suprême. Les droits de l’Homme en Algérie sont nés de cette Révolution. »