
Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Abdelmadjid Zaâlani, a affirmé samedi, au Salon international du livre d’Alger (SILA), que la Révolution algérienne du 1er Novembre 1954 portait déjà, dans son essence même, les principes universels des droits de l’Homme — et ce, bien avant qu’ils ne soient consacrés à l’échelle mondiale.
Lors d’une rencontre intitulée « 1er Novembre 1954 et droits de l’Homme », tenue dans la grande salle Assia Djebar, le président du CNDH a déclaré :
« La Déclaration universelle de 1948 parlait des droits de l’Homme, mais elle excluait encore les peuples colonisés. Le 1er Novembre, lui, a été un acte fondateur d’humanité, une revendication du droit à la dignité, à la liberté et à l’égalité. »
Juriste et professeur de droit pénal depuis près d’un demi-siècle, Zaâlani a livré une intervention à la fois historique et intime. Revenant sur ses souvenirs d’enfance, il a évoqué les bombardements au napalm dans les Aurès et la dure réalité de la colonisation :
« J’ai vu de mes yeux les villages brûler. Le peuple algérien a souffert, mais n’a jamais perdu foi en la justice », a-t-il témoigné.
Pour lui, la Révolution du 1er Novembre n’était pas « une guerre contre un peuple », mais « une exigence morale contre un système d’injustice ». Les rédacteurs du texte fondateur, rappelle-t-il, avaient lancé un message universel :
« Nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la reconnaissance de notre humanité » — un appel qui rejetait clairement, selon lui, « la violence pour la violence ».
Abdelmadjid Zaâlani a également établi un lien direct entre les idéaux de la Révolution et les missions actuelles du Conseil national des droits de l’Homme. Il a insisté sur la place centrale du citoyen dans la défense de ses droits :
« Tout Algérien peut saisir le CNDH lorsqu’il estime que ses droits sont bafoués. Notre rôle est d’écouter, d’analyser et de chercher des solutions concrètes. »
Il a par ailleurs mis en avant le service de médiation du Conseil, destiné à traiter les réclamations en cas de silence ou de blocage administratif, précisant que
« l’essentiel est que le citoyen ne se sente jamais seul face à l’injustice ».
En conclusion, Zaâlani a rappelé que la Révolution du 1er Novembre reste le socle moral et politique de la société algérienne contemporaine :
« Le 1er Novembre n’a pas seulement libéré un pays, il a libéré une idée : celle de la dignité humaine comme valeur suprême. Les droits de l’Homme en Algérie sont nés de cette Révolution. »