
Avec une participation internationale particulièrement importante, une programmation culturelle foisonnante et de nouveaux espaces consacrés à l’histoire, à la mémoire et à la création, le Salon confirme sa vocation de lieu de rencontre, de dialogue et de partage des savoirs.
Placée sous le slogan « Entre les pages d’un livre, l’avenir », cette édition se distingue par une participation record de 1 567 maisons d’édition venues de cinq continents, représentant 51 pays. Parmi elles figurent 350 exposants algériens, 554 exposants arabes et 663 exposants du reste du monde.
Cet engouement sans précédent s’accompagne d’une extension considérable des espaces d’exposition. La superficie du Salon a presque doublé, passant de 23 000 m² lors de l’édition précédente à 45 500 m² cette année. Au total, 762 stands accueilleront près de 300 000 ouvrages, tous domaines confondus.
Ces chiffres ont été dévoilés par le commissaire du Salon, Mohamed Iguerb, lors de la traditionnelle conférence de presse organisée le 19 octobre 2026 à la Bibliothèque nationale d’Algérie, à Alger. Cette rencontre s’est déroulée en présence des membres du comité scientifique du SILA, Amina Belala, Hassan Arab et Djamel Yahiaoui, ainsi que de Tidjani Tama, directeur du livre au ministère de la Culture et des Arts.
Revenant sur le slogan de cette édition, « Entre les pages d’un livre, l’avenir », Mohamed Iguerb a précisé qu’il incarnait « notre lien entre le livre et notre conviction que le savoir forge notre avenir ». Pour le commissaire, le livre demeure un espace essentiel de dialogue, un gardien de la mémoire collective et un repère pour comprendre les bouleversements du monde.
« Placer la connaissance et le livre au cœur de nos priorités, c’est parier sur l’humain et sur sa capacité à concevoir un futur plus ouvert et plus réfléchi », a-t-il ajouté.
La participation du Royaume d’Arabie saoudite en qualité d’invité d’honneur constitue l’un des temps forts de cette 29ᵉ édition. Mohamed Iguerb y voit une occasion privilégiée de consolider les relations historiques et culturelles qui unissent les deux pays.
Selon lui, « cette initiative permet non seulement de valoriser la vitalité de la scène culturelle saoudienne sur le socle de valeurs communes, mais aussi d’élargir les perspectives de partenariats culturels et d’échanges mutuels entre l’Algérie et le Royaume saoudien ».
Près de 1 000 activités entre littérature, histoire et mémoire
Détaillant le programme, Mohamed Iguerb a indiqué que cette édition sera marquée par une animation culturelle riche, diversifiée et équilibrée.
Au total, 994 activités sont programmées, dont 61 rencontres et événements officiels consacrés notamment à la littérature, à l’histoire, à la poésie et aux grandes questions intellectuelles. Cette programmation réunira quelque 220 écrivains, chercheurs et conférenciers algériens et étrangers.
Une place particulière sera accordée à l’histoire et à la mémoire nationale. Le Salon célébrera notamment le centenaire de la création de l’Étoile nord-africaine, moment fondateur du mouvement national algérien. Des rencontres seront également consacrées à l’État de l’Émir Abdelkader, à ses institutions et aux hommes ayant contribué à son édification.
Le théâtre algérien sera lui aussi à l’honneur, à travers l’évocation de son centenaire et un hommage particulier au regretté comédien et homme de théâtre Sid Ahmed Agoumi.
Parmi les nouveautés de cette édition figure l’aménagement, au pavillon Gourara, d’un espace entièrement consacré à l’histoire et à la mémoire. Grâce à la technique du mapping, les visiteurs pourront vivre une expérience immersive retraçant les grandes étapes de l’histoire algérienne, de l’Antiquité et des royaumes numides jusqu’à l’indépendance.
Articulée autour de la mémoire, du patrimoine et de la création littéraire, la programmation accordera également une place importante aux grandes questions contemporaines. Selon le commissaire, le SILA réaffirmera son attachement aux causes palestinienne et sahraouie, tout en mettant en lumière la diversité du patrimoine national et le rôle historique de l’Algérie sur la scène internationale.
De grandes figures de la littérature et de la pensée
Comme à chaque édition, le SILA accueillera des personnalités de premier plan issues de la littérature, de l’histoire et de la recherche, venues d’Algérie et de plusieurs pays.
Parmi les invités annoncés figurent notamment l’historien Benjamin Stora, l’écrivain et historien américain John W. Kiser, auteur de travaux sur l’Émir Abdelkader, la romancière britannique Julia Chapman, la traductrice et chercheuse italienne Jolanda Guardi, ainsi que le traducteur américain Mike Aylor.
Le monde arabe sera représenté, entre autres, par le poète saoudien Jassim Mohammed Al-Sahih, figure reconnue de la poésie contemporaine dans son pays.
Du côté algérien, le public pourra retrouver plusieurs écrivains et intellectuels, dont Yasmina Khadra, le chercheur Ahmed Bensaada et le romancier Akli Tadjer.
Cette diversité de profils et de parcours promet des rencontres fécondes entre les auteurs et leurs lecteurs, dans un Salon qui entend faire du livre un espace de dialogue et d’ouverture sur le monde.
Une place privilégiée pour les enfants et la jeunesse
Les enfants et les jeunes lecteurs bénéficieront d’une attention particulière. Un espace de 850 m² leur sera réservé au pavillon central, avec un programme d’animations pédagogiques et culturelles.
Des ateliers d’écriture, de dessin et de lecture, des séances de contes ainsi que des jeux éducatifs seront proposés tout au long de la manifestation, afin d’encourager la découverte du livre et de développer le goût de la lecture dès le plus jeune âge.
Autre rendez-vous majeur, l’espace « Esprit Panaf » mettra à l’honneur les écrivains et intellectuels africains, illustrant la vitalité de la création littéraire et artistique du continent.
Le programme scientifique fera également une large place à la préservation du patrimoine, notamment à travers une conférence consacrée aux manuscrits anciens africains, témoins précieux de l’histoire intellectuelle et culturelle du continent.
Des mesures pour rendre le livre plus accessible
Afin de favoriser l’accès du plus grand nombre aux ouvrages, l’État a prévu une exonération fiscale pour cette édition 2026.
En complément de cette mesure, le commissariat du Salon encourage les exposants à consentir des remises significatives sur les prix des livres, pouvant atteindre 50 % en fin de manifestation, selon les précisions apportées par Mohamed Iguerb.
Cette édition sera également marquée par l’introduction d’une nouvelle distinction consacrée à la traduction. Elle viendra enrichir le palmarès du Salon, aux côtés du prix « Mon Premier Livre », également appelé « Kitabi », qui en est à sa troisième édition.
Réservé aux jeunes auteurs de moins de 35 ans, ce prix distingue des œuvres écrites dans quatre langues : l’arabe, le tamazight, le français et l’anglais. Une autre récompense sera attribuée au meilleur stand d’exposition.
Le SILA 2026 prendra fin le 7 novembre avec une cérémonie officielle au cours de laquelle seront remis les différents prix. Un hommage sera également rendu à Hamidou Messaoudi, ancien commissaire du Salon, disparu en août 2026.
Enfin, l’organisation mise aussi sur les outils numériques pour faciliter la visite du public. L’application mobile officielle du SILA permettra notamment de localiser les ouvrages et les maisons d’édition à travers les différents pavillons du Palais des expositions.
Avec cette participation record, une programmation foisonnante et des espaces d’exposition considérablement élargis, le SILA 2026 ambitionne ainsi de conforter sa place parmi les grands rendez-vous internationaux du livre, tout en réaffirmant sa vocation première : rapprocher les auteurs de leurs lecteurs et faire de la culture un espace de rencontre, de transmission et de partage.