
La question de la préservation des droits d’auteur dans un contexte marqué par l’avancée rapide de l’intelligence artificielle (IA) a été abordée lors du neuvième jour du Salon international du livre d’Alger (SILA). Organisée par l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA), la conférence a suscité un grand intérêt auprès d’une assistance composée d’universitaires, de juristes et d’artistes.
Intervenant à l’ouverture de la rencontre, le directeur général de l’ONDA, Samir Thaalbi, a affirmé que « l’évolution accélérée de la technologie a imposé une nouvelle réalité dans la production des œuvres artistiques et littéraires ». Il a souligné, à ce propos, que l’ONDA « travaille depuis trois ans à trouver les moyens lui permettant de s’adapter à ces bouleversements, notamment dans le domaine de sa mission principale : la protection des droits d’auteur ».
Le responsable a ajouté que la stratégie de l’Office « vise fondamentalement à garantir la protection des productions des écrivains et des créateurs, à une époque où même la machine s’est invitée dans la création artistique ».
Affirmant que l’ONDA collabore avec plusieurs pays arabes et africains pour mettre en place un encadrement juridique adapté à la propriété intellectuelle, Samir Thaalbi a expliqué que le principal défi consiste à trouver un équilibre entre innovation technologique et protection des droits d’auteur.
« Il s’agit aussi, a-t-il précisé, de construire une conscience collective qui mette l’intelligence artificielle au service du créateur, et non l’inverse », a-t-il conclu.
Pour sa part, Idir Smaili, sous-directeur de la numérisation et de l’analyse des systèmes d’information à l’ONDA, a soulevé la question de la responsabilité dans l’usage de l’IA, plaidant pour « une sensibilisation à son utilisation responsable ». Il a estimé que l’intelligence artificielle pourrait révolutionner la gestion et la traçabilité des droits d’auteur.
De son côté, Haddad Chamseddine, spécialiste des affaires juridiques à l’ONDA, a mis en évidence l’absence, pour l’heure, d’un cadre législatif encadrant l’usage de l’intelligence artificielle dans le domaine culturel et artistique.
« À mon sens, il faut travailler collectivement pour que les citoyens comme les institutions se familiarisent avec l’IA, afin d’en faire un usage responsable, tout en respectant les droits d’auteur, qui sont la véritable signature de l’homme », a-t-il affirmé.