Anthropologie, mémoire et spiritualité..Salim Khiat signe “Le Diwan de Sidi Bilal”, un voyage au cœur des mythes noirs d’Algérie

Au cœur du pavillon central Abdelhamid Benhedouga, les éditions Chihab ont accueilli, vendredi 7 novembre 2025, le chercheur et auteur Salim Khiat pour une séance de vente-dédicace de son dernier ouvrage consacré au Diwan de Sidi Bilal.

Fruit de vingt années de recherche, ce travail mêle anthropologie, spiritualité et mémoire. Intitulé Le Diwan de Sidi Bilal : les divinités des mythes soudanais et le cycle de leurs représentations dans les évocations rituelles de la communauté noire en Algérie, l’ouvrage explore un pan méconnu du patrimoine national : celui des communautés noires algériennes et de leurs pratiques rituelles héritées d’Afrique subsaharienne.

Salim Khiat situe son étude à la croisée de la mémoire spirituelle, de l’héritage africain et de la vie urbaine algérienne. Il souligne qu’il est difficile de dater avec précision l’apparition de ce rituel, faute de sources écrites, mais estime que ses origines sont antérieures à la période ottomane.

L’auteur situe le cœur de ce culte dans la Casbah d’Alger, où s’étaient implantées plusieurs maisons devenues légendaires : Dar Bambra, Dar Haousa, Dar Gourma, Dar Ketchna et Dar Tombou.
« Ces foyers, habités jadis par des familles venues du Soudan et d’Afrique de l’Ouest, ont porté une mémoire rituelle et musicale qui s’est, au fil des générations, intégrée dans le tissu culturel algérien », explique-t-il.

Le Diwan, précise Khiat, relève d’une oralité collective, transmise par la parole, la musique et le geste. Il incarne « la souplesse d’un héritage vivant, sans cesse réinterprété par ceux qui le perpétuent ».

Dans cet univers, les waâda, ziara et moussem remplissent une double fonction :
« Elles constituent d’abord un renouvellement du lien spirituel avec la figure de Sidi Bilal, le célèbre muezzin du Prophète Mohammed (QSSSL). Mais elles traduisent aussi une reconnexion symbolique avec le continent africain, berceau de la mémoire de ces communautés noires établies en Algérie depuis des siècles », conclut l’auteur.