Au deuxième jour de son ouverture au public .. Foule, ferveur et lecture : le SILA bat son plein à Alger

Avec sa 28ᵉ édition, le Salon international du livre d’Alger prouve une fois de plus que les Algériens n’ont pas tourné le dos au livre.

La 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) bat son plein. En ce vendredi 31 octobre, la foule se presse dans les allées de la Safex. Les sacs se remplissent de livres, les bras se chargent de sachets, et les lecteurs se rassemblent autour de leurs auteurs favoris. Ces moments partagés confirment qu’il s’agit d’un rendez-vous incontournable pour les amoureux du livre.

Sur l’esplanade, Chaïma, 20 ans, feuillette un roman tout en grignotant un sandwich. « Le SILA est devenu un rendez-vous annuel à ne pas manquer pour moi, ne serait-ce que pour découvrir les dernières nouveautés. J’aime cette ambiance, ces jeunes qui tournent entre les stands. Ça déconstruit le mythe selon lequel les Algériens ont tourné le dos au livre », confie-t-elle.

Comme elle, de nombreux jeunes affluent, seuls ou accompagnés, à la découverte d’un univers où se croisent littérature, sciences et bande dessinée. Le salon attire un public large, des enfants aux universitaires, confirmant que la lecture conserve une place vivante dans le quotidien algérien.

Pour Maya Ouabadi, fondatrice des Éditions Motifs, installée au pavillon central, la vitalité du public est indéniable : « C’est la première fois que nous avons un stand ici. Nous avons apporté toutes nos nouveautés, dont le dernier numéro de la revue littéraire Fasl. Il y a un monde fou ! »
La maison d’édition propose également la revue féministe La Place, animée par Saadia Gacem et Maya Ouabadi, un projet collectif réunissant exclusivement des femmes autour de textes critiques, créatifs et engagés.

Diversité dans la langue, le genre et le format

Même enthousiasme au pavillon de l’Ahaggar, du côté de Oussama Publishing, spécialisée dans le livre pour enfants. « Nous participons au SILA depuis notre création il y a dix ans. L’affluence prouve que les Algériens lisent. Nos stocks s’épuisent dès les premiers jours », affirme Hiba Boufertella, responsable communication, qui salue une organisation « claire et efficace », ainsi que le slogan de cette édition : La croisée des cultures.

La présence du numérique s’impose cette année comme un tournant. Pour Techno Sciences Algérie, exposant au pavillon central, le changement est déjà en marche : « Nous représentons des éditions canadiennes et anglaises spécialisées dans le livre technique et académique. Nous observons une forte demande pour les ouvrages en anglais et au format numérique », explique Rafik Mohamed Hanine, responsable commercial.

L’entreprise présente également au salon les plateformes Bibliotex et Primed Publishing, dans un contexte où le ministère de l’Enseignement supérieur encourage les universités à enrichir leurs bibliothèques avec des livres numériques. « Nous sommes très satisfaits de notre retour au SILA après dix ans. Nous remarquons un grand changement, avec l’émergence d’une nouvelle génération anglophone », conclut-il.

Une ouverture sur le monde

Au Hall Casbah, le Réseau arabe pour la recherche et la publication du Liban, fidèle au SILA depuis dix ans, témoigne de l’intérêt constant du public algérien. « Le peuple algérien est un peuple qui lit. Beaucoup d’étudiants économisent toute l’année pour acheter des livres au salon », souligne son représentant. Et d’ajouter : « On disait autrefois : l’Égypte écrit, le Liban imprime et l’Irak lit. Aujourd’hui, nous disons : l’Algérie dit. »

À travers la diversité de ses exposants, la curiosité de ses visiteurs et l’ouverture de ses thématiques, le SILA se confirme comme un espace vivant où le livre, sous toutes ses formes, demeure un vecteur essentiel de culture et de lien social.