
Depuis sa création, le Salon international du livre d’Alger connaît un véritable engouement populaire. Dans cet événement culturel majeur, le plus important du pays, qui réunit des centaines d’éditeurs venus des quatre coins du monde, chaque lecteur trouve son bonheur — et particulièrement les amateurs du livre arabophone, face à une offre d’une rare diversité.
Entre piles de romans à succès, essais de psychologie et ouvrages de développement personnel, les éditeurs venus du Liban, d’Égypte, d’Arabie saoudite ou de Jordanie enregistrent des ventes record. Parmi les stands les plus fréquentés de cette 28ᵉ édition, la maison égyptienne Assir El-Koutoub ne désemplit pas. Les visiteurs s’y pressent à la recherche des dernières parutions qui font vibrer la scène littéraire du monde arabe : les ouvrages de psychologie de Youcef El-Hosni ou encore ceux de Dean Burnett, traduits en arabe, y figurent parmi les plus demandés.
« Cette maison d’édition enregistre des ventes record : la moitié de notre stock s’est épuisée dès le 2 novembre, d’abord grâce à la qualité des livres, mais aussi à leurs prix raisonnables, variant entre 700 et 1900 DA. Le troisième atout, c’est la notoriété de nos auteurs, comme Mouna Sellama ou Adham Sharqawi », explique Romaïssa Boudaoud, représentante du stand.
D’autres éditeurs égyptiens connaissent le même succès, à l’image de Dar Taïba, dont le public, majoritairement jeune, manifeste une curiosité marquée pour la psychologie, l’économie et la gestion, sans oublier la littérature jeunesse.
Chez Dar Etakafa li Nachr wa Tawzi‘ (Jordanie), ce sont les livres politiques et économiques qui dominent les ventes, avec une mention spéciale pour les titres de développement personnel, véritable phénomène dans tout le monde arabe.
« Le SILA est devenu pour nous une étape incontournable, confie un éditeur libanais. Le lecteur algérien est exigeant, passionné, et il suit de près l’actualité littéraire du monde arabe. »
De son côté, la maison koweïtienne Dar Sofia a présenté une vingtaine de titres, dont plusieurs romans, une quinzaine de recueils de poésie et des ouvrages de philosophie, très prisés des visiteurs.
« Cette édition attire un lectorat spécialisé, avide de nouveautés introuvables en Algérie », souligne Ismaïl Djella, docteur en droit à l’Université d’Alger et représentant du stand.
Pour de nombreux éditeurs — libanais, saoudiens, égyptiens ou koweïtiens — Alger s’impose désormais comme une escale incontournable dans le circuit des grands salons du livre arabes, aux côtés du Caire, de Riyad, de Beyrouth ou de Sharjah.
Le succès de ces stands témoigne de l’émergence d’un lectorat exigeant, attentif à la qualité du texte, à la richesse des idées et à l’esthétique du livre.
À travers cet engouement, c’est toute la vitalité culturelle de l’Algérie qui s’exprime : un public fidèle, curieux, attaché à la langue arabe et à sa production contemporaine. Quant aux maisons d’édition arabes, elles repartent avec des bilans plus que satisfaisants, des projets de coopération et de nouvelles promesses de traduction.