Chercheurs Algériens et Mauritaniens en ont longuement discutés..Chercheurs Algériens et Mauritaniens en ont longuement discutés

Les intervenants réunis lors de la conférence intitulée « Les références communes entre l’Algérie et la Mauritanie » ont mis en lumière les multiples éléments, historiques, culturels et religieux, qui attestent de la profondeur des liens entre les deux pays.

Scindée en deux séances, la rencontre a rassemblé des chercheurs algériens, mauritaniens et sahraouis, qui ont chacun apporté un éclairage différent sur ces références partagées.

L’universitaire mauritanien Mohamed Yahia Babah a souligné, dans un exposé richement documenté, l’importance des référents religieux communs à l’Algérie et à la Mauritanie. Il a mis en avant l’apport décisif de savants algériens dans la diffusion de la doctrine d’El Achaâria en Mauritanie, citant notamment El Aâkabani et Mohamed Abou Abdallah Senoussi El Hasni El Tlemçani.
Il a également évoqué le rôle de l’érudit algérien Abdelkrim El Meghili dans l’enracinement des principes du malikisme en Mauritanie. Le conférencier a rappelé un autre fait marquant de cette fraternité historique : le soutien moral et spirituel apporté par la Mauritanie à la résistance de l’Émir Abdelkader.

De son côté, Hamdi Allal Daffar, du Sahara occidental, a insisté sur la nécessité, pour les peuples en lutte contre l’occupation ou l’ordre colonial, de défendre leurs fondements culturels.
« L’occupant a toujours voulu substituer sa propre culture à celle des peuples conquis », a-t-il déclaré, citant en exemple la lutte du peuple sahraoui pour son autodétermination.

Lors de la seconde séance, Abdelmadjid Djaâ, de l’université de Tindouf, a également abordé les références communes entre l’Algérie et la Mauritanie.
« Des modes culturels similaires existent dans les deux pays », a-t-il affirmé, évoquant notamment la culture hassanite, qui trouve des expressions identiques de part et d’autre de la frontière.

Enfin, Hadj Ahmed Abdallah, enseignant de religion et de droit à l’université d’Adrar, a retracé l’histoire des relations entre les établissements religieux algériens et mauritaniens à travers les siècles.
Selon lui, la proximité des pratiques religieuses a contribué à renforcer durablement les liens spirituels et sociaux entre les populations des deux pays.