
Trois auteurs issus d’univers littéraires différents ont partagé, vendredi, leurs expériences en matière de création romanesque. Il s’agit de l’auteure d’expression francophone Kaouther Adimi, du romancier d’expression arabophone Alloua Koussa, et de la jeune Almine Fatma, venue du grand Sud algérien.
Abrité par l’espace Frantz Fanon, le débat, modéré par Amirache Abdelilah, a été particulièrement fécond. L’assistance a suivi avec curiosité et intérêt la réflexion des trois intervenants.
Kaouther Adimi a évoqué d’emblée son dernier ouvrage intitulé La joie ennemie, paru aux Éditions Barzakh. Elle a expliqué qu’il s’agit d’un récit aux contours autobiographiques :
« Ce texte mêle l’histoire de Baya, personnage tiré des archives, et celle de ma propre famille, de retour en Algérie en pleine décennie noire », a souligné la jeune auteure.
Évoquant son parcours d’écriture, elle a indiqué avoir débuté par la nouvelle :
« Mais je trouve que les textes de ce genre sont trop courts. J’aime passer du temps avec ce que j’écris, et j’avais envie d’écrire ce que j’aime lire, à savoir le roman. Je suis donc passée à ce genre », a expliqué Adimi.
Parmi les auteurs qui l’inspirent, elle a cité Milan Kundera, Assia Djebar – notamment son roman La Soif –, Mouloud Mammeri et Rachid Benhedouga, tout en soulignant son admiration pour Amara Lakhous. Concernant le processus d’écriture, elle a qualifié l’exercice de « chaos organisé », relevant que la difficulté principale réside dans la structuration du texte, entre écriture linéaire ou éclatée, et la question de la présence – ou non – d’un narrateur.
De son côté, Alloua Koussa a insisté sur la place essentielle de l’intertextualité dans toute œuvre littéraire :
« Les écrivains sont influencés par d’autres auteurs. Ils doivent cependant développer leur propre style et leur propre univers littéraire », a-t-il affirmé.
Quant à Almine Fatma, elle est revenue sur son expérience d’écriture en évoquant la traduction de l’un de ses textes du caractère tifinagh vers la langue arabe. La jeune autrice a mis en avant son engagement à travers l’écriture en faveur des populations du Sud qui tiennent , selon elle, à leurs libertés. Elle a ajouté que « cette liberté n’a pas de prix ». Le tout dans un esprit de défendre sa culture et ses appartenances. « La liberté n’a pas de prix », a-t-elle conclu avec conviction.