Hommage à Nordine Azzouz..Le souvenir d’un journaliste de conviction et d’ouverture

Une rencontre hommage a été organisée à l’occasion de ce 28e Sila en mémoire du journaliste Nordine Azzouz, disparu il y a peu. Animée par l’écrivain et journaliste Mahdi Berrached, la cérémonie a réuni plusieurs de ses proches et compagnons de route, parmi lesquels le journaliste Hmida Layachi et l’éditrice Dalila Nedjem. Tous ont salué le parcours d’un professionnel passionné, d’un intellectuel exigeant et d’un homme profondément attaché à la culture et à la pluralité.

Ouvrant la rencontre, Mahdi Berrached a rappelé que Noureddine Azzouz faisait partie de cette génération de journalistes qui ont traversé les années d’incertitude et de bouleversements qu’a connues l’Algérie.

Selon lui, Azzouz « appartenait à cette catégorie rare de journalistes qui concevaient leur métier comme un engagement intellectuel et citoyen, et non comme une simple transmission d’informations ».

Il a salué « son sens du dialogue, sa curiosité sans frontières et sa capacité à faire de la presse un espace d’échanges et de réflexion collective ».

De son côté, Hmida Layachi est revenu longuement sur le parcours professionnel du disparu, notamment son rôle central dans la création des journaux Algérie News (en arabe) et Algeria News (en français).

Pour Layachi, ces publications ont représenté « une véritable aventure journalistique », née dans des conditions difficiles mais portée par une vision ambitieuse.

Il a insisté sur la singularité d’Azzouz, « un homme qui croyait profondément à la nécessité d’une presse ouverte, où la culture devait accompagner et éclairer la politique ».

Les journaux qu’il dirigeait, a-t-il souligné, « n’étaient pas des espaces fermés, mais des tribunes où se rencontraient les sensibilités, les idées et les générations ».

Layachi a également rappelé que les éditions Algérie News et Algeria News ne se contentaient pas de coexister : elles portaient chacune une identité propre, un projet éditorial indépendant, et se distinguaient des autres titres francophones. « Ces journaux avaient une âme, une voix, une manière singulière de parler de l’Algérie », a-t-il résumé.

L’éditrice Dalila Nedjem a pour sa part mis en avant le rôle culturel que Nordine Azzouz a toujours défendu dans son travail. 

Dalila Nedjem a souligné que cette approche faisait d’Azzouz « non seulement un journaliste, mais aussi un passeur entre les mondes de la politique, de la culture et de la pensée ». Elle a rappelé son engagement constant dans les salons du livre, les rencontres littéraires et les débats intellectuels, où il intervenait avec une grande rigueur et une rare sensibilité. L’éditrice a rappelé que Nordine etait d’une grande générosité n’hésitait pas à la conseiller « comme un frère, comme un père …)

 Plusieurs intervenants ont évoqué la curiosité intellectuelle de Nordine Azzouz, notamment son intérêt pour l’histoire contemporaine et la mémoire nationale.

Il entretenait des échanges réguliers avec des historiens tels que Daho Djerbal, dont il était un interlocuteur attentif et précis. Ses travaux et entretiens portaient sur la guerre de libération, le mouvement national, mais aussi sur l’évolution du mouvement islamique en Algérie, qu’il analysait avec recul et profondeur.

Selon Hmida Ayachi, « Azzouz ne séparait jamais la presse de la réflexion historique : il considérait que comprendre le présent passait toujours par le déchiffrage du passé ». L’ambassadeur de Côte en Algérie, Alphonse Voho Sahi, a également tenu à rendre un hommage appuyé à Noureddine Azzouz avec lequel il avait entretenu une chaleureuse amitié et partagé un certain nombre de projets.