
Journaliste engagé et écrivain prolifique, Nourredine Louhal, paix à son âme, a quitté ce monde en laissant derrière lui un véritable testament : celui que chaque citoyen se doit d’accomplir — préserver le patrimoine culturel et architectural de nos villes.
Publié à titre posthume par Hibr Éditions, son dernier ouvrage, La Casbah d’Alger, ma bataille, est un cri du cœur, un ultime acte d’amour lancé par l’enfant de la vieille citadelle pour que la Casbah retrouve ses titres de noblesse.
L’auteur y livre un texte profondément empreint d’émotion, déployé sur 302 pages réparties en sept chapitres.
Il y mêle la nostalgie et le constat lucide, invitant le lecteur à une ziara — une visite intime — dans les ruelles, les fontaines, les escaliers et les terrasses d’Alger, ces espaces aujourd’hui meurtris mais toujours vibrants de mémoire.
Le récit s’ouvre sur une évocation sensorielle de la Casbah, cité millénaire classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, dont les blessures s’observent à chaque coin de z’niqa.
Nourredine Louhal s’y promène en témoin attentif, cherchant à capter ce qui subsiste encore de la beauté originelle de cette cité séculaire — fief d’artistes, de sportifs, matrice du combat libérateur dans l’Algérois contre le joug colonial, mais aussi haut lieu du tourisme et de l’âme populaire.
La Casbah d’Alger, ma bataille se présente ainsi comme un plaidoyer pour la sauvegarde d’un patrimoine vivant, mais aussi comme une réflexion sur la responsabilité collective face à l’abandon.
L’ouvrage dépasse le simple cri d’alerte. Il interpelle, dénonce, mais propose aussi des pistes concrètes pour que la perle algéroise puisse sauver ce qui reste de sa mémoire.
À travers la Casbah, c’est toute la question de la mémoire urbaine qui se déploie : l’effritement des lieux, l’érosion du temps, mais aussi la nécessité d’une volonté politique et d’un engagement citoyen pour y remédier.
Né en 1955 dans la haute Casbah, Nourredine Louhal, diplômé des métiers du bâtiment, a exercé comme chargé d’études dans une entreprise publique du secteur de l’hydraulique.
Parallèlement, il a collaboré à plusieurs journaux sous le pseudonyme de Nazim Djebahi.
Passionné par l’histoire et la mémoire d’Alger, il a signé de nombreux ouvrages consacrés à la ville et à sa citadelle, parmi lesquels :
Chroniques algéroises : la Casbah, Sauvons nos salles de cinéma, Les jeux de notre enfance, Instantanés sur une époque, Alger la blanche : contes, légendes et bouqalat, Alger la mystique : ziarat autour des fontaines, Sauvons nos salles de cinéma, acte II, Si nos salles de cinéma m’étaient contées, ainsi que La légende du Doyen, une déclaration d’amour à son club de cœur, le Mouloudia d’Alger.
La plume de Nourredine Louhal s’est tue, mais son amour d’Alger demeure.
Présenté au 28ᵉ SILA par ses enfants, La Casbah d’Alger, ma bataille se lit comme un legs précieux, une responsabilité morale pour tous ceux qui aiment et défendent la capitale.
Une plume que le lecteur algérien regrettera longtemps — et qui nous rappelle sans cesse que la Casbah n’est pas seulement une cité séculaire, mais une âme à sauver.