
Au cœur du 28ᵉ salon international du livre d’Alger, la voix du romancier et journaliste sahraoui Hamdi Yahdih a résonné aux échos de la légitimité de son peuple à l’autodétermination et au recouvrement de sa souveraineté. Invité de l’espace panaf Frantz Fanon, lundi 03 novembre 2025, pour animer une conférence intitulée « La question du Sahara Occidental entre littérature et militantisme », l’auteur prolifique a mis en exergue la place de la littérature dans ce combat de longue haleine.
Hamdi Yahdih a insisté sur la profonde immunité identitaire du peuple sahraoui, que ni la colonisation, l’exil ou l’emprisonnement n’ont pu altérer. Il a évoqué Sakia El Hamra, jadis centre religieux et spirituel, où affluaient les savants venus de tout le Maghreb. Cet espace, a-t-il souligné, représente un héritage spirituel et intellectuel commun aux Sahraouis, aux Algériens et aux Mauritaniens. Trois pays liés également par la tribu des Sanhadja, symbole d’un métissage arabo-amazigh dont la culture hassaniya perpétue encore aujourd’hui la mémoire collective et les traditions partagées.
Le conférencier a fait savoir que l’écriture pour les auteurs sahraouis constitue un espace de lutte et de témoignage. « Tous les auteurs sahraouis, sans exception, abordent les mêmes thèmes : la résistance contre le joug colonial, les problèmes de l’exil, la souffrance dans les geôles de l’occupant ainsi que la privation des droits fondamentaux », a-t-il noté. Une littérature qui se distingue, selon lui, par son ancrage populaire et sa proximité avec la poésie algérienne. « Lire un poème sahraoui, c’est entendre l’écho d’un vers venu de Laghouat», a-t-il ajouté. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages entre romans, poèmes, essais, étude et récit, l’auteur a fait savoir qu’il travaille actuellement sur la traduction de ses œuvres en plusieurs langues étrangères, afin de porter la voix du peuple sahraoui sur la scène internationale.
Etablissant un parallèle entre la lutte du peuple sahraoui et celle du peuple palestinien, deux causes qui, selon lui, traduisent une même aspiration à la liberté et à la dignité humaine.
« Ces résistances partagent un même souffle et un même horizon », a-t-il expliqué en s’appuyant sur une étude qu’il a réalisée. Suscitant un intérêt académique mondial, la question Sahraouie donne lieu à des thèses universitaires aux quatre coins du monde, selon ses dires. « Cette reconnaissance du monde entier témoigne de la portée universelle du combat sahraoui, qui interpelle les consciences et interroge le droit international », a-t-il déclaré avant de réunir un important corpus de résolutions et de recommandations onusiennes qui confirment « la légitimité du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ».