L’Espagne fait son grand retour au SILA..L’Institut Cervantes renoue avec le public algérien

Après quatre années d’absence, l’Institut Cervantes et l’ambassade d’Espagne signent un retour aussi attendu que remarqué au Salon international du livre d’Alger. Leur stand, aux couleurs chaudes et à la décoration épurée, attire les curieux dès les premières heures d’ouverture. On y perçoit une atmosphère à la fois studieuse et conviviale, où la passion du livre rassemble des visiteurs venus de tous horizons.

Dès l’entrée, le pavillon espagnol séduit par sa sobriété élégante. Les couvertures rouges, ocres et bleues des ouvrages forment une mosaïque lumineuse, tandis que les effluves du papier neuf se mêlent aux rires et aux discussions. Étudiants en langue espagnole, traducteurs, passionnés de littérature ibérique ou simples promeneurs s’y croisent avec la même curiosité. Certains feuillettent un roman d’Aroa Moreno, d’autres s’attardent devant un recueil de poésie contemporaine. On évoque García Lorca, Javier Marías et la nouvelle génération d’auteurs espagnols — celle qui raconte une Espagne moderne, diverse, parfois tourmentée mais toujours vibrante.

Au cœur de cet espace, une programmation dense et raffinée rythme les journées : rencontres littéraires, cafés-débats, projections, tables rondes et conférences autour de la traduction et de la circulation des œuvres dans l’espace européen. Loin de se limiter à une simple vitrine du livre espagnol, l’Institut Cervantes offre une véritable immersion dans la création littéraire actuelle.

« Ce retour nous tenait particulièrement à cœur », confie une représentante de l’Institut Cervantes. « L’Espagne a toujours entretenu un lien fort avec le lectorat algérien. Nous voulions renouer ce fil, présenter nos écrivains, mais aussi ouvrir un espace de dialogue culturel. La littérature, c’est un pont entre les peuples, et le SILA nous offre ce pont chaque jour. »

Les visiteurs ne s’y trompent pas : le stand ne désemplit pas. Les jeunes s’y pressent pour écouter un auteur, feuilleter un roman traduit ou simplement échanger avec les représentants de l’Institut. Beaucoup se renseignent sur les cours d’espagnol, signe d’un intérêt croissant pour la langue et la culture ibériques. D’autres viennent en famille, emportés par l’atmosphère chaleureuse du lieu.

« Ce qui nous touche le plus, c’est la qualité des échanges », poursuit notre interlocutrice. « Les visiteurs ne se contentent pas de passer : ils restent, posent des questions, partagent leurs impressions. Certains nous racontent leurs voyages en Espagne, d’autres leurs souvenirs d’école, quand ils ont découvert Cervantès ou Pablo Neruda. Il y a une émotion sincère dans ces rencontres. »

Sur les étagères, les livres racontent une Espagne plurielle : celle des grandes métropoles et des villages silencieux, celle du passé et de l’avenir. Chaque œuvre invite à découvrir une autre manière de penser, d’aimer, de raconter le monde.
À travers ces pages, le public algérien redécouvre une Espagne moderne et audacieuse, portée par la poésie, le roman social et l’écriture féminine engagée.