Mauritanie, invitée d’honneur du SILA 28..Le pays au million de poètes séduit les visiteurs

Sous la grande verrière du Palais des Expositions, le pavillon mauritanien se distingue par son éclat et son authenticité. Avec ses tons ocres et ses motifs inspirés des médersas du désert, l’espace attire immédiatement le regard. Les visiteurs du Salon international du livre d’Alger (SILA) s’y pressent dès les premières heures de la journée, attirés par la promesse d’une virée littéraire et spirituelle au cœur du pays au million de poètes.

Derrière les comptoirs, des visages souriants accueillent le public. Le bois clair, les tissus traditionnels et les photographies suspendues aux murs rappellent la sobriété et la profondeur d’une culture où la parole — récitée ou écrite — a toujours occupé une place sacrée.
Sur les tables, s’alignent plus de deux mille ouvrages : romans, recueils de poésie, études historiques, essais philosophiques, manuels de linguistique, textes soufis et livres d’art. Chaque volume raconte à sa manière la mémoire et l’âme d’un pays façonné par le désert, la foi et la poésie.

L’ambiance est celle d’une découverte. Des étudiants notent des références, des enseignants feuillettent les nouveautés, des visiteurs s’arrêtent devant les couvertures aux tons chauds.
« Nous ne nous attendions pas à un tel engouement », confie un représentant du stand mauritanien. « Depuis l’ouverture du Salon, notre stand ne désemplit pas. Les visiteurs s’intéressent à tout : littérature contemporaine, poésie ancienne, manuscrits restaurés, philosophie ou encore soufisme. La jeune génération algérienne découvre à travers nos livres un visage méconnu de la Mauritanie — celui d’un pays savant, ouvert sur le monde et profondément attaché à ses racines. »

« C’est un univers fascinant », dit Yasmine, étudiante en langue arabe. Pour elle, « chaque mot semble une passerelle entre la culture arabe et la culture africaine. J’ai découvert des poètes que je ne connaissais pas, et une approche de la spiritualité à la fois simple et profonde ».
Non loin d’elle, Abdelkader, un retraité passionné de lecture, feuillette un recueil de poésie hassaniya : « Ce stand me rappelle les grandes traditions orales du Sahara. On retrouve ici une sagesse, une musicalité dans les mots qu’on ne rencontre plus souvent. C’est une belle leçon de fraternité et de culture ».

Entre les rayons du stand, le temps semble ralentir. Certains lecteurs s’installent pour lire quelques pages, d’autres discutent longuement avec les auteurs présents. Les livres, eux, deviennent les véritables ambassadeurs de cette terre du million de poètes, rappelant que la Mauritanie, loin d’être seulement un espace géographique, est avant tout une nation de mémoire, de savoir et de lumière.

Pour cette 28ᵉ édition du SILA, le pays de Muhameden Ibn Bu Al Muctar Al Hassani dit « Le Grand Chacal », n’est pas seulement un invité d’honneur. Elle est la voix d’un héritage vivant, un souffle venu du désert qui parle de fraternité, d’histoire partagée et d’un avenir culturel commun entre Alger et Nouakchott, comme l’a souligné la ministre de la Culture et des Arts, lors de l’inauguration de cet événement.