Sahara occidental, un héritage de résistance continu..Le SILA, tribune d’un engagement constant pour le peuple sahraoui

L’espace Panaf, Frantz Fanon, a abrité, mercredi 5 novembre, une conférence intitulée « Sahara occidental, héritage continu », animée par un panel de chercheurs et d’experts, dans le cadre de la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (SILA).

Fidèle à sa tradition de soutien indéfectible aux causes justes à travers le monde, l’Algérie a, une fois encore, réaffirmé à travers le SILA son engagement en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Cette rencontre s’inscrivait dans le sillage de la résolution onusienne du 31 octobre 2025, qui a rappelé la nature juridique de la question sahraouie en tant que processus de décolonisation, ainsi que la responsabilité des Nations unies dans son règlement.

Pour Abdelkader Soufi, politologue et expert en relations internationales, cette conférence a permis de revisiter les fondements historiques et politiques d’une résistance qui puise sa force dans la persévérance du peuple sahraoui. Il a proposé une approche globale de la lutte, retraçant les étapes du combat sahraoui depuis le colonialisme espagnol, tout en soulignant la dimension culturelle et identitaire de ce mouvement.

Selon lui, « face aux tentatives marocaines d’usurpation et de déformation du patrimoine sahraoui, il était essentiel de rappeler la spécificité d’une identité forgée dans la résistance ». Revenant sur la récente résolution, le chercheur estime qu’elle « va plus dans le sens des Sahraouis que des Marocains ». Et d’ajouter :
« Le texte onusien invite clairement le Maroc à dialoguer directement avec le Front Polisario, reconnu comme le seul représentant légitime du peuple sahraoui. Même l’éventualité d’un plan d’autonomie ne peut se concevoir qu’à travers la Charte des Nations unies, qui garantit le droit à l’autodétermination. En d’autres termes, toute solution devra passer par la volonté du peuple sahraoui lui-même. »

Sur le plan culturel, Soumia Badi Mohamed Salem, chercheuse et auteure, a insisté sur la nécessité de « créer un narratif sahraoui capable de contrer la propagande marocaine ». Pour elle, « le peuple sahraoui n’a pas choisi l’exil : il y a été contraint par la répression militaire coloniale ». Elle rappelle que la vie dans les camps de réfugiés de Tindouf constitue, en elle-même, une forme de résistance. Une résistance, dit-elle, « qui tire sa force de la justesse de la cause sahraouie et de la conviction inébranlable que la liberté viendra par la lutte ».

De son côté, Mohamed Mouloud Moulay Lahcen, chercheur en patrimoine sahraoui, a élargi la réflexion au contexte géopolitique actuel. Selon lui, « le Sahara occidental constitue la première étape d’un plan expansionniste d’inspiration sioniste visant à étendre son influence jusqu’à l’Afrique de l’Ouest ». Il établit un parallèle entre la tragédie vécue par les Palestiniens à Gaza et les pressions exercées au sein des Nations unies pour empêcher l’autodétermination du peuple sahraoui.

Un débat riche et engagé a suivi la conférence, marqué par la participation de plusieurs auteurs, dont l’écrivain sahraoui prolifique Hamdi Yahdih, venu témoigner de la vitalité intellectuelle d’un peuple en lutte.