
En marge du 28ᵉ Salon international du livre d’Alger (SILA), la cérémonie d’ouverture du colloque international « L’Algérie dans la civilisation » s’est tenue mardi 4 novembre 2025 à l’hôtel El Aurassi, en présence d’un large public composé de chercheurs, d’intellectuels et de responsables institutionnels.
La salle, comble, a réuni plusieurs personnalités : Salah Belaid, président du Haut Conseil de la langue arabe ; Abdelmadjid Zaalani, président du Conseil national des droits de l’homme ; Cherif Meribai, président de l’Académie algérienne de la langue arabe ; Amar Bendjedda, président de l’Autorité nationale de régulation de l’audiovisuel ; Mohamed Baghali, directeur général de la Télévision algérienne, ainsi que de nombreuses figures du monde des arts et des lettres.
L’Algérie, creuset de civilisation et de dialogue
Dans son allocution d’ouverture, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a souligné que ce colloque n’avait pas pour vocation de « répéter ce qui a déjà été dit », mais bien de « découvrir ce qui peut encore être dit sur l’Algérie, sur sa présence de longue date dans l’histoire de l’humanité et sur sa contribution constante à la construction du sens ».
Elle a rappelé que ce rendez-vous intellectuel est avant tout une invitation à penser le parcours civilisationnel de l’Algérie, des peintures rupestres du Tassili n’Ajjer à Apulée et Saint Augustin, jusqu’aux écoles de Béjaïa et de Tlemcen qui ont illuminé la pensée méditerranéenne. Elle a également cité l’Émir Abdelkader, Malek Bennabi et Mohammed Arkoun, comme figures majeures ayant incarné l’idée de l’être humain universel à travers la philosophie, le soufisme et la liberté d’expression.
« L’histoire de l’Algérie, a-t-elle déclaré, ne se réduit pas aux événements du passé, mais s’écrit comme un chemin continu de créativité, de résistance et de progrès. De la profondeur du territoire et de la richesse de sa diversité culturelle est née l’idée du dialogue comme principe d’existence. »
Pour la ministre, la force de la culture algérienne réside dans sa capacité à servir de pont entre mémoire et avenir, entre appartenance et ouverture, entre esprit et intellect.
La culture, un espace de sens et d’universalité
Mme Bendouda a insisté sur le rôle du livre et de la culture dans un monde bouleversé par la vitesse et la technologie : « À une époque où l’espace d’écoute se raréfie, le livre nous rappelle que le savoir reste un acte humain, et que c’est la parole qui donne à l’expérience toute sa profondeur. »
Elle a ajouté que l’Algérie ne considère pas la civilisation comme un simple miroir, mais comme un espace auquel elle contribue activement. Et de conclure : « Faisons de l’Algérie, une fois encore, un lieu où le monde tend l’oreille à la voix de l’humain, où notre mémoire civilisationnelle engendre un horizon nouveau. »
Un colloque pour penser l’avenir
Prenant la parole à son tour, Mohamed Iguerb, commissaire du Salon international du livre d’Alger, a souligné la portée du thème choisi :
« Ce colloque s’inscrit dans la continuité de la démarche culturelle et scientifique du SILA, fidèle à son slogan : Le livre, rencontre des cultures. »
Il a rappelé que l’Algérie a toujours été un carrefour d’interactions créatrices entre cultures, une terre de savoirs, de résistance et de dignité.
« À travers son histoire, l’Algérie a défendu sa liberté et ses valeurs universelles, et elle continue de contribuer à leur enracinement parmi les peuples du monde », a-t-il affirmé.
Le commissaire a également mis l’accent sur la vocation humaniste du livre, qu’il soit papier ou numérique : « Le livre doit rester un pont vers l’avenir, un voyage qui rassemble les nations autour de l’amour, de la paix et du vivre-ensemble. Les valeurs civilisationnelles sont le meilleur rempart contre la haine, la violence et les dérives extrémistes. »